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ASPIRINE : Efficace à prévenir la rupture d'anévrisme ?

Actualité publiée il y a 5 jours 14 heures 55 min
Journal of Neurosurgery
Cette étude confirme une association forte entre l'utilisation d'aspirine et une diminution du taux de croissance des anévrismes

Cette étude menée auprès de plus de 100 patients porteurs de multiples anévrismes intracrâniens et qui porte sur les effets possibles de l'aspirine en prévention de la croissance et de la rupture d'anévrisme (ou anévrysme) intracrânien, révèle une association forte entre l'utilisation d'aspirine et une diminution du taux de croissance des anévrismes. Ces résultats, présentés dans le Journal of Neurosurgery, qui semblent confirmer cet effet protecteur de l’aspirine devront néanmoins être confirmés sur un plus grand nombre de patients.

 

Un anévrisme intracrânien est un trouble cérébrovasculaire au cours duquel la paroi d'une artère cérébrale s'affaiblit et se gonfle vers l'extérieur, entraînant la formation d’une poche de sang. Cette paroi affaiblie risque de rompre, ce qui provoque une hémorragie sous-arachnoïdienne ou un saignement dans le cerveau. La croissance de l'anévrisme intracrânien augmente le risque de rupture et d'hémorragie. Selon la Brain Aneurysm Foundation (US) environ 6,5 millions de personnes présentent un anévrisme – ou plusieurs- non rompu(s). Chaque année, toujours aux Etats-Unis, environ 30.000 personnes subissent une rupture d'anévrisme avec des conséquences parfois sévères comme une invalidité ou le décès.

Il n'existe aucun traitement pour stopper la croissance des anévrismes et prévenir leur rupture.

Les anévrismes de plus de 7 mm de diamètre sont plus susceptibles de se rompre que les petits anévrismes. Cependant, un « petit » anévrisme peut se développer progressivement, silencieusement et finir par présenter un risque de rupture. La surveillance de la croissance des petits anévrismes par imagerie est donc essentielle. Alors qu’une intervention sur le cerveau comporte également des risques, la plupart des neurochirurgiens préfèrent ne pas traiter un anévrisme de petite taille non rompu, sauf risque élevé de rupture.

L’étude menée auprès de 146 patients porteurs de multiples anévrismes intracrâniens, de 5 millimètres ou moins de diamètre, diagnostiqués depuis au moins 5 ans, pourrait apporter une réponse, avec l’aspirine, à un immense besoin non satisfait. L’équipe a analysé les données de dossiers médicaux de ces patients, qui avaient subi un traitement chirurgical ou endovasculaire.  Après traitement de cet anévrisme primitif, les patients portaient encore au total 229 anévrismes intracrâniens, qui mesuraient tous 5 millimètres ou moins. Les patients ont été suivis durant 5 à 10 ans, pour la croissance de leurs anévrismes, définie comme une augmentation de la taille d'au moins 1 millimètre. 24 anévrismes ont évolué durant le suivi et ont été traités. Aucun des 229 anévrismes ne s'est rompu au cours de la période d'étude. Enfin, les chercheurs ont pris en compte pour leur analyse différents facteurs, dont l'âge et le sexe du patient, les antécédents médicaux de la famille et du patient, ses comorbidités, la taille et la localisation de l'anévrisme dans le cerveau, l'état de l'anévrisme primaire (rompu ou non rompu) avant le traitement, le type de procédure utilisé pour traiter les anévrismes, l'utilisation quotidienne d’au moins 81 mg d’aspirine et/ou l’utilisation d’un autre médicament anticoagulant.

 

L'analyse conclut, chez ce groupe de patients, à une association significative entre l'utilisation d'aspirine et une diminution du taux de croissance des anévrismes. Des résultats en ligne avec des preuves déjà existantes de la littérature, mais cohérents aussi avec l'effet anti-inflammatoire de l'aspirine sur la paroi affaiblie de l'anévrisme. L'analyse confirme également les prédicteurs significatifs de croissance d'un anévrysme, soit :

  • les antécédents de rupture d'anévrisme,
  • l'abus de substances,
  • l'hypertension,
  • la maladie polykystique des reins chez un patient.

Enfin, l’association aspirine et embolisation assistée par stent est associée à un taux plus faible de croissance des anévrismes ;

 

"Au final", seule l’utilisation de l’aspirine s’avère associée à une diminution significative du taux de croissance des anévrismes. Ces premiers résultats appellent cependant à de futures études interventionnelles de confirmation. L’auteur principal, le Dr Hasan de l’University of Iowa commente : « Cette étude est très prometteuse, car elle décrit pour la première fois l’effet thérapeutique possible de l’aspirine sur la réduction de la croissance des anévrismes. Si cela était prouvé dans une étude plus vaste, l’aspirine serait le premier médicament en vente libre capable de stopper la croissance d’un anévrisme et de prévenir sa rupture ».

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