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ALZHEIMER : L’obésité, un fardeau aussi pour le cerveau

Actualité publiée il y a 6 mois 6 heures 8 min
Journal of Alzheimer's Disease Reports
Des tractus de substance blanche sont endommagés chez les personnes présentant des risques cardiovasculaires incontrôlés comme l'obésité (Visuel University of Sheffield)

L'obésité peut exacerber les effets de la maladie d'Alzheimer, suggère cette équipe de l’Université de Sheffield, qui révèle, à l’aide de techniques de neuroimagerie de pointe, des tractus de substance blanche endommagés chez les personnes présentant des risques cardiovasculaires incontrôlés comme l'obésité (Voir en vert sur visuel). Ces conclusions, présentées dans le Journal of Alzheimer's Disease Reports qui soulignent l'impact du surpoids à la quarantaine sur la santé cérébrale à un âge plus avancé, désignent le surpoids tel un fardeau, aussi, pour le cerveau.

 

Cette étude originale révèle par imagerie que l'obésité contribue à la vulnérabilité des tissus neuraux, et, en pratique, soutient l’importance du maintien d'un poids de santé à l’âge adulte puis à l'âge avancé, en particulier en cas de déficience cognitive légère ou de maladie d'Alzheimer.

Un poids de santé contribue à préserver la structure du cerveau.

L'auteur principal, le professeur Annalena Venneri de l'Institut de neurosciences de l'Université de Sheffield commente ces nouvelles données : « Plus de 50 millions de personnes vivent avec la maladie d'Alzheimer et en dépit de décennies de recherche, nous restons sans traitement. La prévention reste donc cruciale dans la lutte contre la maladie. Notre étude ne dit pas que l’obésité cause la maladie d’Alzheimer, mais que le surpoids est un fardeau supplémentaire pour la santé du cerveau. L'obésité exacerbe les symptômes de la maladie ».

 

L’équipe de Sheffield, avec des collègues de l'Université de la Finlande orientale, a examiné des scanners cérébraux IRM de 47 patients diagnostiqués avec une forme légère de la maladie d'Alzheimer, de 68 patients atteints de troubles cognitifs légers et de 57 personnes cognitivement saines. 3 techniques complémentaires ont également été utilisées pour examiner plus avant l'anatomie du cerveau, le flux sanguin et également les fibres du cerveau. L’équipe a pu ainsi comparer plusieurs images cérébrales et mesurer les différences dans les concentrations locales de tissus cérébraux et évaluer le volume de matière grise, l'intégrité de la substance blanche, le flux sanguin cérébral en relation avec le surpoids et l'obésité. L’analyse montre que :

  • chez les patients atteints de démence légère, il existe une association positive entre l'obésité et le volume de matière grise autour de la jonction temporo-pariétale droite : cela suggère que l'obésité pourrait contribuer à la vulnérabilité neuronale ;
  • chez les patients atteints de démence légère, le maintien d'un poids santé, au contraire d’une perte de poids, permet globalement de préserver la structure du cerveau ; or, soulignent les chercheurs, la perte de poids, comme le gain de poids excessif est l'un des premiers symptômes aux premiers stades de la maladie d'Alzheimer, car les patients oublient de manger ou commencent à grignoter.

 

Il est donc trop tard d'attendre la soixantaine pour reprendre un poids de santé. "Nous devons commencer à penser à la santé du cerveau et à prévenir ces maladies beaucoup plus tôt".

 

« Nous constatons que le maintien d'un poids santé permet de préserver la structure du cerveau chez les personnes qui souffrent déjà de déficience cognitive légère »

Ces résultats sont en ligne avec ceux de nombreuses études ayant déjà démontré l’importance de la santé (cérébro)vasculaire pour la cognition.

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