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ANTIBIORÉSISTANCE : Une relation Homme-animal à double sens

Actualité publiée il y a 1 année 2 mois 2 semaines
The Lancet Planetary Health
l'association entre la consommation d'antibiotiques et la résistance aux antimicrobiens (RAM) entre les humains et les animaux va dans les 2 sens (Visuel Adobe Stock 322455209)

La consommation d'antibiotiques et l’antibiorésistance constituent un phénomène « à double sens » entre les animaux et les humains, nous explique cette équipe de la London School of Hygiene & Tropical Medicine. Ces scientifiques démontrent, pour la première fois que, à l'échelle mondiale, l'association entre la consommation d'antibiotiques et la résistance aux antimicrobiens (RAM) entre les humains et les animaux va dans les 2 sens : Cette démonstration effectuée dans le Lancet Planetary Health, révèle ainsi que l'utilisation d'antibiotiques chez les animaux est associée à la RAM chez l'homme et que l'utilisation d'antibiotiques chez l'homme est associée à la RAM chez les animaux.

 

L'étude souligne le besoin urgent d'une stratégie intégrée et interdisciplinaire pour lutter contre la propagation de la résistance aux antimicrobiens, axée sur le développement social, la réduction de la pauvreté et l'application de règles plus strictes sur l'utilisation des antibiotiques. L’auteur principal, Kasim Allel, chercheur en épidémiologie des maladies infectieuses à la London School of Hygiene & Tropical Medicine, explique : « La résistance aux antimicrobiens est un « problème épineux », car des priorités conflictuelles existent au sein d’un réseau complexe de parties prenantes… ».

L’urgence d’une approche solide, interdisciplinaire et globale pour le contrôle de la RAM

L’approche ne devrait pas se cantonner à l'Homme, soulignent en substance ces experts. Ils rappellent que la RAM est une menace majeure pour la santé mondiale, et que

les bactéries résistantes sont responsables de 1,3 million de décès chaque année, dans le monde.

Le mauvais usage des antibiotiques (antibiotiques mais aussi antiviraux et antifongiques) est un facteur clé de la propagation de la RAM. La demande croissante d'aliments et de produits d'origine animale, ainsi que des facteurs socioéconomiques et environnementaux complexes et interdépendants contribuent à la progression de la RAM.

 

L’étude : l’équipe s’est concentrée sur les liens entre la consommation mondiale d'antibiotiques et les taux de RAM chez les humains et les animaux producteurs d'aliments sur la période 2018. Les chercheurs ont également examiné l'influence des facteurs de risque socio-économiques, sanitaires et environnementaux. Cette large analyse, mondiale, révèle que :

 

  • une consommation plus élevée d'antibiotiques chez les animaux est associée à un taux accru de RAM chez les animaux producteurs d'aliments ;
  • une consommation plus élevée d'antibiotiques chez les humains, est également associée à un risque accru de RAM chez les humains ;
  • il existe une relation bidirectionnelle mondiale entre les humains et les animaux :
  • une plus grande consommation d'antibiotiques par les animaux est associée à un risque accru d’antibiorésistance des agents pathogènes humains et plus grande consommation humaine d'antibiotiques augmente le risque de RAM chez les animaux ;
  • en dépit de faibles niveaux de consommation d'antibiotiques, les pays à revenu faible et intermédiaire, notamment sur le continent asiatique (Bangladesh, Chine et Inde) ont les taux les plus élevés de RAM chez les animaux producteurs d'aliments, ce qui suggère que la consommation d'antibiotiques peut même être un facteur de propagation de la RAM dans certaines régions du monde ;
  • des facteurs socioéconomiques et sanitaires, tels que l'inégalité des revenus ou les taux de mortalité dus à des pratiques d'hygiène dangereuses mais aussi certains problèmes de santé, dont cardiaques, augmentent les taux de RAM chez l'Homme ; en d’autres termes, des facteurs qui reflètent directement ou indirectement un statut socio-économique inférieur sont associés à un risque accru de RAM chez les humains.

 

Ce cas d’école incite à mettre l'accent sur l'interdépendance entre les animaux, les humains et l'environnement. Plus spécifiquement concernant la RAM, la seule réduction de la consommation humaine d'antibiotiques ne suffira pas à lutter contre sa propagation. En revanche, des interventions en santé publique visant la réduction de la pauvreté et le soutien au développement social pourront favoriser une réduction de la transmission de la résistance entre les humains et les animaux.

 

Renforcer les efforts et les outils de surveillance, en particulier dans les pays à revenu faible et intermédiaire sera tout aussi important, la surveillance du bétail pour la RAM en particulier, contribuant à sa surveillance chez l'Homme.

 

« Cette bidirectionnalité de la consommation d'antibiotiques et de la résistance chez les humains et le bétail révélée par l’analyse ouvre de nouvelles pistes pour lutter contre la résistance, devenue l'une des plus grandes menaces pour la santé mondiale ».

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