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BRONCHOPNEUMONIE OBSTRUCTIVE : Quelle efficacité réelle de la morphine ?

Actualité publiée il y a 1 année 5 mois 4 semaines
JAMA
« La morphine n'apporte aucun soulagement à ces patients atteints de MPOC, sauf en soins palliatifs en fin de vie » (Visuel Adobe Stock 118104814)

Les symptômes des patients souffrant de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) sont souvent traités par de faibles doses de morphine ou d’autres opioïdes, cependant l’efficacité de ce traitement reste à démontrer en cas d'essoufflement chronique grave. Cette équipe de pharmacologues et de pneumologues de l’Université de Lund (Suède) est partie à la recherche de preuves d’efficacité. Les conclusions de cet essai de phase III, publiées dans le JAMA, confirment que la morphine ne réduit pas les essoufflements.

 

L'essoufflement à long terme est une cause d’incapacité, fréquente en cas de BPCO grave, qui survient souvent avec la maladie à la fin de la vie. L’auteur principal, le Dr Magnus Ekström, chercheur en médecine palliative et pulmonaire à l'Université de Lund, médecin-chef du service de Médecine pulmonaire à l'hôpital Blekinge rappelle qu’un très grand nombre de patients atteints de BPCO vivent au quotidien avec un essoufflement et sans espoir de traitement. Nombreux sont ceux qui reçoivent de faibles doses de morphine. « "Compte tenu de la prévalence de ce symptôme d'essoufflement à long terme chez ce groupe de patient, de ses conséquences sur le fonctionnement au quotidien, il est important de trouver des moyens de réduire cette cause d’incapacité ».

L’étude remet clairement en question l’efficacité de la morphine contre l’essoufflement.

L’étude est menée auprès de 156 patients atteints de maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) souffrant d'essoufflement sévère à long terme. Au cours de la première semaine, les participants ont été répartis en 3 groupes :

  • 2 groupes ont reçu de faibles doses régulières de morphine une fois par jour (8 milligrammes par jour ou 16 milligrammes par jour) ;
  • Le 3è groupe, témoin, a reçu un placebo.

Au cours des 2 semaines suivantes, les participants ont été répartis pour recevoir soit 8 milligrammes supplémentaires de morphine, soit un placebo, en plus du traitement précédent. L’objectif était d’évaluer l'efficacité du traitement et le risque d'effets secondaires avec la dose accrue de morphine. Le traitement était « en double aveugle », ce qui signifie que ni les participants et ni leurs médecins ne connaissaient le traitement reçu. L’analyse révèle :

  • Une absence totale de réduction, avec la morphine, des symptômes d’essoufflement.

Conclusion, selon les auteurs, l'utilisation régulière de morphine à faible dose pour l'essoufflement sévère à long terme ne devrait pas être retenue comme traitement pour les patients souffrant de MPOC avec essoufflement chronique limitant l'activité.

 

« La morphine n'apporte aucun soulagement à ces patients atteints de MPOC, sauf en soins palliatifs en fin de vie ».

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