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GROSSESSE et OPIOÏDES : Exposition in utero et risque d’anomalies congénitales

Actualité publiée il y a 4 mois 1 jour 10 heures
CMAJ
Une augmentation légère mais significative du risque d'anomalies congénitales chez les nourrissons exposés à des médicaments opioïdes in utero (Visuel Fotolia 190022182)

Cette étude menée à l'Université Queen's, Kingston (Ontario) et publiée dans le Canadian Medical Association Journal (CMAJ) fait état d’une augmentation légère mais significative du risque d'anomalies congénitales chez les nourrissons exposés à des médicaments opioïdes in utero. Ces données doivent sensibiliser les patientes enceintes à qui des opioïdes peuvent être prescrits pour soulager la douleur, mais aussi leurs médecins dans leur décision de prescription.

 

Il s’agit d’une large analyse, des données de santé de près de 600.000 paires « biologiques », mères-nourrissons qui a cherché à déterminer l'association entre les analgésiques opioïdes en début de grossesse et les anomalies congénitales chez les nourrissons. On sait déjà que les analgésiques opioïdes prescrits peuvent traverser le placenta et causer des dommages au bébé. Enfin, environ 2 à 4 % des fœtus sont exposés à ces médicaments.

Un risque faible mais tout un spectre d'anomalies congénitales observées

L’analyse révèle que parmi les nourrissons de l'étude,

 

  • en effet, 2 % (n=11.903) ont été exposés in utero à des analgésiques opioïdes, tels que la codéine, l'oxycodone, l'hydromorphone, le tramadol et la morphine ;
  • il existe un risque accru, bien que faible, d'anomalies majeures avec l'exposition au tramadol et à la morphine, et d'anomalies mineures avec l'exposition à la codéine, à l'hydromorphone et à l'oxycodone ;
  • les anomalies congénitales spécifiques observées comprennent des anomalies gastro-intestinales et génitales, des néoplasmes et des tumeurs et une ankyloglossie.

 

Cette vaste étude ajoute à la preuve, déjà suggérée par de précédentes études, du risque d'anomalies congénitales associé à l’exposition in utero aux médicaments opioïdes.

 

« Ce risque ultérieur d’anomalie pour le nourrisson doit être pris en compte dans la décision thérapeutique dans le soulagement de la douleur au cours de la grossesse », conclut le Dr Susan Brogly, épidémiologiste et professeur agrégé à l'Université Queen's, Kingston.

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