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ANTIBIOTIQUES : Ils peuvent compromettre l'efficacité du traitement contre le cancer

Actualité publiée il y a 1 année 9 mois 6 jours
Oncotarget
L'étude confirme le rôle clé du microbiote intestinal dans la réponse immunitaire.

Cette étude de l’Augusta University à paraître dans la revue Oncotarget, ajoute à la preuve que dans le cadre de protocoles du cancer de plus en plus complexes et ciblés, l’utilisation judicieuse des antibiotiques s’impose pour éviter des interactions néfastes à l’efficacité des traitements. Ensuite, l'étude confirme le rôle clé du microbiote intestinal dans la réponse immunitaire. Enfin, plus largement, l'étude souligne qu'à l'heure de la médecine de précision, le véritable défi devient de combiner au mieux les thérapies pour une efficacité optimale.

L'utilisation des antibiotiques est bien connue pour son impact quasi immédiat sur le microbiote intestinal et on sait que leur utilisation à long terme favorise l’émergence de résistances et la vulnérabilité à l'infection. Les chercheurs révèlent ici l’effet négatif possible des antibiotiques sur le traitement du cancer via l'intestin et le microbiote intestinal. L’auteur principal, le Dr Gang Zhou, immunologue au Georgia Cancer Center précise : « Cela dépend probablement des types de thérapie que les médecins donnent aux patients et de la fréquence avec laquelle ils leur administrent des antibiotiques ». « Le nombre de globules blancs peut être si considérablement réduit que le sujet n’a plus aucune défense contre les bactéries, et l’infection peut alors être mortelle ».

 

Les chercheurs apportent ici de nouvelles preuves sur cet impact des antibiotiques sur le microbiote qui peut induire une moindre efficacité des lymphocytes T, principaux acteurs de la réponse immunitaire. Ils rapportent notamment comment l'utilisation d'antibiotiques semble avoir un impact mitigé sur un type d’immunothérapie émergente appelée transfert adoptif de cellules : les lymphocytes T du patient sont génétiquement modifiés pour cibler les cellules cancéreuses.

 

Antibiotiques et thérapies de transfert adoptif de cellules : si certaines de ces thérapies, comme la thérapie par les lymphocytes T CAR (lymphocytes T à récepteur antigénique chimérique) ne semblent pas affectées par les antibiotiques, d’autres thérapies de transfert adoptif de cellules le sont, en revanche. Car, dans ces cas, les cellules T génétiquement modifiées ont toujours besoin de l'aide du système immunitaire inné pour combattre la tumeur. Les chercheurs montrent en effet, que dans ces cas, des souris traitées sans recevoir d'antibiotiques sont guéries mais que cet effet curatif est perdu chez 60% des souris ayant également reçu des antibiotiques.

 

Antibiotiques, altérations du microbiote intestinal et baisse de réponse immunitaire : Bien qu'il ait été démontré qu'un seul traitement par antibiotiques peut perturber le microbiote chez l'homme, les chercheurs montrent ici chez la souris que leur utilisation prolongée influait probablement sur la réponse immunitaire. D’autres études suggèrent que certaines chimiothérapies s'appuient sur les bactéries intestinales pour induire le système immunitaire pour lutter contre le cancer, écrivent les scientifiques : « Il est clair sur les modèles animaux que si vous éliminez le microbiote intestinal, avec les antibiotiques par exemple, cela atténuera l'efficacité de la chimiothérapie. Il existe également des preuves cliniques émergentes qui montrent que c’est également le cas avec certaines thérapies de transfert adoptif de cellules T ». D’autres recherches chez l'homme restent nécessaires pour confirmer ce dernier point, et préciser aux cliniciens leur « marge de manœuvre » avec les antibiotiques.

 

Et même sans traitement antibiotique, il peut y avoir une contradiction entre la chimiothérapie et l'immunothérapie, écrivent les auteurs. Lorsque la chimiothérapie entrave la réponse immunitaire, elle affecte aussi l'efficacité de certaines immunothérapies.

En cette ère de traitements ciblés et personnalisés, le défi est de trouver la meilleure façon de combiner les différentes thérapies, afin d'obtenir une synergie optimale.

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