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ANTICHOLINERGIQUES : Un double impact sur le risque d’Alzheimer

Actualité publiée il y a 1 année 4 semaines 1 jour
Neurology
Cette étude  décrypte le double effet de ces médicaments sur le déclin cognitif.(Visuel Adobe Stock 322455209)

De nombreuses études ont déjà documenté cet effet secondaire cognitif des anticholinergiques, une classe courante de médicaments utilisés pour de nombreuses conditions. Cette nouvelle étude, publiée dans la revue Neurology, décrypte le double effet de ces médicaments sur le déclin cognitif. Le ciblage même d’une zone du cerveau où la pathologie a commencé à s’installer, le cerveau antérieur basal qui produit l'acétylcholine chimique. Un second effet d’appauvrissement encore accru du cerveau en acétylcholine. Cet effet combiné sur la pensée et la mémoire des patients contribue à accélérer le déclin cognitif, en particulier chez les personnes âgées présentant déjà des facteurs de risque biologiques ou génétiques de démence ou d’Alzheimer.

 

Les anticholinergiques qui inhibent l'action d’un neurotransmetteur, l'acétylcholine, comprennent des antihypertenseurs, des diurétiques, des médicaments cardiovasculaires, des antidépresseurs ou encore des médicaments pour le traitement du glaucome ou de l’incontinence urinaire. Leur mécanisme d’action consiste à inhiber les impulsions nerveuses parasympathiques, qui sont impliquées dans toute une variété de mouvements musculaires involontaires, tels que ceux du tractus gastro-intestinal et des poumons, ou encore la salivation, la digestion et la miction.

A 10 ans les anticholinergiques accroissent de 50% le risque de MA

Cette équipe de scientifiques documente un peu plus les processus sous-jacents à ce risque accru de déclin cognitif associé, en particulier chez les personnes âgées à risque déjà élevé de maladie d'Alzheimer (MA).

 

Un risque accru de 47% de MCI : sur un suivi de 10 ans, 688 participants âgés (de 74 ans en moyenne) mais en bonne santé cognitive, prenant au moins un médicament anticholinergique au départ, s’avèrent 47% plus susceptibles de développer une déficience cognitive légère (MCI), souvent un précurseur de la démence telle que la MA, par rapport aux participants qui ne prennent pas ces médicaments. Un tiers ce des participants prenait de tels médicaments, avec une moyenne de 4,7 anticholinergiques par personne. Les participants ont subi des tests cognitifs complets annuels pendant la période de suivi.

 

Réduire les anticholinergiques ? L’étude suggère aussi que « la réduction de la consommation de médicaments anticholinergiques avant l'apparition de problèmes cognitifs peut être importante pour prévenir les futurs effets négatifs sur la mémoire et les capacités de réflexion, en particulier chez les personnes à risque (génétique) déjà élevé de maladie d'Alzheimer », commente l'auteur principale Lisa Delano- Wood, Pr de psychiatrie de l'École de médecine de l'UC San Diego. Les patients à biomarqueurs de la MA dans leur liquide céphalo-rachidien, tels que certains types de protéines facteurs de risque génétique bien connus de la MA qui prennent des anticholinergiques sont en effet 4 fois plus susceptibles de développer une MCI que les participants exempts de ces biomarqueurs et ne prenant pas les médicaments.

 

Un double effet indésirable sur le cerveau : les anticholinergiques semblent à la fois cibler une petite zone cérébrale (cerveau antérieur basal) qui produit l'acétylcholine chimique, là même où s’accumulent ces biomarqueurs de la et, dans un second temps, appauvrir davantage le cerveau en acétylcholine.

 

Dé-prescrire pour réduire le risque ? Alors que les personnes âgées métabolisent les médicaments anticholinergiques différemment des personnes plus jeunes, ces mêmes médicaments sont en général pris à des niveaux beaucoup plus élevés que la dose efficace la plus faible recommandée chez les adultes plus âgés : ici,

  • 57% des participants prenaient 2 fois la dose recommandée ;
  • 18% au moins 4 fois la dose recommandée.

 

Les auteurs suggèrent donc que la réduction des doses de médicaments anticholinergiques pourrait permettre de retarder quelque peu le déclin cognitif. « Des études cliniques de « dé-prescription » sont actuellement en cours dans certains sites de recherche pour déterminer si la réduction ou l'arrêt de ces médicaments pourrait réduire le risque cognitif, au moins chez certains groupes de patients.

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