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ANTIDÉPRESSEURS : Quelle durée de traitement pour éviter la rechute ?

Actualité publiée il y a 1 année 1 jour 19 heures
NEJM
En général, un traitement antidépresseur de plus longue durée limite le risque de rechute (Visuel Adobe Stock 117340441)

Si cette équipe de l’University College London (UCL) ne nous surprend pas vraiment en concluant dans le New England Journal of Medicine qu’un traitement antidépresseur de plus longue durée limite le risque de rechute, elle apporte pour la première fois, aux patients comme aux praticiens des repères précieux pour des décisions thérapeutiques éclairées. Il existe en effet de nombreux cas particuliers, l'absence de rechute avec un traitement de plus courte durée et la rechute avec un traitement prolongé...

 

Cependant on retiendra que lorsque le traitement antidépresseur est interrompu après une longue période d'utilisation, un peu plus de la moitié des patients, soit 56 % vont accuser une rechute dans l'année, un taux à comparer aux 39 % qui rechutent malgré la poursuite de leur traitement.

 

L'auteur principal, le Dr Gemma Lewis du Département Psychiatrie de l’UCL rappelle que « les prescriptions d'antidépresseurs ont considérablement augmenté au cours des dernières décennies et que les patients restent maintenant beaucoup plus longtemps sous antidépresseurs. Cependant, on ignore si un traitement antidépresseur reste efficace après de nombreuses années ». Cette première analyse des données d'un grand essai portant sur l’arrêt du traitement antidépresseur en soins primaires tente ici de répondre à la question.

« Nous constatons que poursuivre les antidépresseurs à long terme réduit efficacement le risque de rechute.

Cependant, de nombreux patients peuvent également arrêter leur traitement sans rechuter. A ce jour nous ne sommes néanmoins pas capables de les identifier ».

 

L'étude, soutenue par le National Institute for Health Research est menée auprès de 478 patients suivis en soins primaires en Angleterre, prenant des antidépresseurs à long terme (citalopram, sertraline, fluoxétine ou mirtazapine) et « se sentant suffisamment bien pour arrêter ». 70 % des participants prenaient le médicament depuis plus de 3 ans. Dans cet essai contrôlé randomisé en double aveugle, la moitié des participants ont été invités à arrêter leur traitement et l'autre moitié à continuer. Les participants devant arrêter ont reçu des doses réduites progressivement au cours des 2 premiers mois avant de recevoir des pilules placebo. Au cours de l'année suivante :

 

  • 56 % des participants qui ont arrêté les antidépresseurs ont connu une rechute ;
  • 39 % des participants qui ont continué ont connu également une rechute ;
  • parmi ces 56 % qui ont connu une rechute après l'arrêt du traitement, seulement la moitié ont ensuite choisi, avec le conseil du médecin, de reprendre un antidépresseur.

Cela suggère, écrivent les chercheurs, que certaines rechutes, ainsi que d'éventuels symptômes de sevrage, pourraient ne pas avoir été suffisamment sévères pour que le patient envisage de reprendre son traitement.

  • à la fin de l'étude, et en dépit de symptômes de sevrage, 59 % des participants ayant arrêté le traitement ne prenaient plus d'antidépresseurs.

 

Un traitement long est souvent la meilleure option : ces conclusions ajoutent à la preuve que pour de nombreux patients, un traitement à long terme est la meilleure option, mais que d’autres patients peuvent effectivement arrêter leur traitement, sans rechute sévère, et à condition de réduire progressivement les doses.

 

  • Alors que 44% des patients qui ont arrêté leurs antidépresseurs n'ont pas rechuté après une année, cela suggère bien que certains patients peuvent décider d'arrêter leur antidépresseur, mais après en avoir discuté avec leur médecin bien sûr. L'autre auteur principal, le professeur Glyn Lewis conclut ainsi :

 

«Les antidépresseurs sont efficaces mais, comme de nombreux médicaments, ne sont pas adaptés à tous les patients. Dans cette étude, 39 % des personnes qui ont continué à prendre leur traitement ont connu une rechute. Il ne faut donc pas oublier les autres thérapies possibles, comme la thérapie cognitivo-comportementale et/ou basée sur la pleine conscience ».

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