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APNÉE chez l'Enfant : Ne pas la traiter, c'est le priver d'un peu de matière grise

Actualité publiée il y a 2 années 5 mois 4 jours
Scientific Reports

Environ 5% des enfants souffrent d’apnée du sommeil. Or l'apnée du sommeil non traitée chez les enfants peut avoir des effets néfastes sur les cellules cérébrales, nuire à la cognition et à l'humeur, et réduire le volume de matière grise, bref, nuire au développement normal du cerveau, prévient cette étude de l’Université de Chicago. De nouvelles données d’IRM, présentées dans les Scientific Reports, qui alertent parents et professionnels à prendre en charge au plus tôt possible le syndrome d’apnée obstructive du sommeil chez l’Enfant (SAOS), un syndrome déjà trop rarement pris au sérieux et traité chez l’adulte. L’étude a comparé la performance cognitive et la structure du cerveau de 16 enfants âgés de 7 à 11 ans souffrant d'apnée obstructive du sommeil modérée ou sévère et d’enfants du même âge sans trouble du sommeil. Les modèles de sommeil des enfants ont été évalués durant une nuit en laboratoire de sommeil et chaque enfant a également subi des tests neurocognitifs ainsi qu’une IRM du cerveau. Les chercheurs ont comparé ces scans et les résultats aux tests aux données de 9 enfants témoins du même âge, sexe, poids et ethnie, en bonne santé et exempts d’apnée. Ils ont également comparé les scans des 16 enfants avec SAOS aux scans de 191 autres enfants à partir d'une base d'IRM pédiatriques des National Institutes of Health (NIH).

L'analyse des scans IRM constate chez les enfants atteints de SAOS des réductions significatives de la matière grise ou cellules du cerveau dans plusieurs zones du cerveau impliquées dans le mouvement, la mémoire, les émotions, la parole, la perception, la décision et la maîtrise de soi. Ainsi (visuel ci-contre), dans les zones corticales (en jaune) le volume de matière grise est considérablement réduit. Il existe une forte corrélation entre cette perturbation du sommeil et la sévérité de la perte de neurones ou du retard de la croissance neuronale dans le cerveau en développement. Enfin, si ces réductions de matière grise apparaissent assez étendues, leurs conséquences directes restent difficiles à préciser et à évaluer.


« Les images des changements de matière grise sont frappantes », commente le Dr Leila Kheirandish-Gozal, directeur de la recherche sur le sommeil à l'Université de Chicago. « Nous n'avons pas encore de guide précis pour corréler la perte de matière grise avec des déficits cognitifs spécifiques, mais il existe des preuves évidentes de dommages ou de perte neuronale généralisée ».

Cette réduction importante de la matière grise chez les enfants atteints de SAOS, qui est un trouble traitable, incite donc en cas de symptômes à envisager expressément une détection précoce et le cas échéant, un traitement. Compte-tenu de l'importance des modifications constatées dans la matière grise, de futures études sont déjà planifiées, avec des approches d'imagerie de pointe pour tenter de mesurer l'effet de la perte de neurones et de préciser la perte cognitive : « la nature exacte des réductions de matière grise, leurs effets et leur réversibilité restent à explorer » concluent les auteurs.

17 March 2017 doi:10.1038/srep44566 Reduced Regional Grey Matter Volumes in Pediatric Obstructive Sleep Apnea (Visuel@Mona Philby, Paul Macey, Richard Ma, Rajesh Kumar, David Gozal et Leila Kheirandish-Gozal)

Lire aussi: APNÉE du sommeil : Et si elle accélérait le déclin cognitif ?

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