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APNÉE du SOMMEIL : La durée de l’arrêt prédit risque de décès

Actualité publiée il y a 1 année 2 semaines 23 heures
American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine
Un résultat contre-intuitif, car « on pourrait s'attendre à ce que de longues interruptions de la respiration induisent un pronostic plus sévère, mais c’est bien le contraire »

La durée des arrêts respiratoires prédit le risque de mortalité dans le syndrome d’apnée obstructive du sommeil (SAOS), mais pas comme on pourrait l'imaginer, conclut cette étude de l'Oregon Health & Science University. La recherche publiée dans l’American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine rapporte que les participants souffrant d’apnées et d’hypopnées courtes (respectivement respiration stoppée et respiration « superficielle ») sont à risque de décès accru à 10 ans.

 

De précédentes études ont montré que l'indice d'apnée-hypopnée, une mesure très utilisée de la sévérité de l'apnée, est lié à la mortalité et aux maladies cardiaques. Cependant, selon ces chercheurs, cette mesure reste grossière et n'est pas un bon prédicteur de risque pour les femmes. L’étude montre en effet que la durée des événements respiratoires anormaux pourrait constituer un prédicteur bien plus fiable du risque de mortalité chez les hommes et les femmes. De plus la mesure est simple à déterminer, à partir des mêmes études de polysomnographie que celles actuellement effectuées.

 

Les chercheurs ont analysé les dossiers de 5.712 adultes, âgés de 63 ans en moyenne, participant à la National Heart, Lung, and Blood Institute (NHLBI)'s Sleep Heart Health Study et suivis durant 11 ans. L’analyse montre que :

  • les participants dont la respiration est la plus rapprochée présentent un risque accru de 31% de décès ;
  • cette association est la plus forte chez les participants présentant une apnée du sommeil modérée : dans ce groupe, le risque de décès est accru de 59%.

 

Le résultat est bien évidemment contre-intuitif, car « on pourrait s'attendre à ce que de longues interruptions de la respiration induisent un pronostic plus sévère, mais c’est bien le contraire », commente l’auteur principal, le Dr Butler, professeur à l'Institut des sciences de la santé au travail de l'Oregon : « Des périodes plus courtes de perturbation de la respiration indiquent un seuil bas d'excitation, associé à une fragmentation du sommeil, à un tonus sympathique élevé et à un risque accru d'hypertension ». De plus, ces résultats suggèrent qu'il peut exister plusieurs mécanismes par lesquels l'apnée du sommeil entraîne une augmentation de la mortalité. Ils suggèrent enfin la nécessité de mesurer plusieurs caractéristiques associées à la survenue de l’apnée car des apnées de types et de durées différentes peuvent entraîner différents effets néfastes sur la santé.

L’étude ne démontre pas le lien de causalité entre des respirations plus courtes et le décès. Ces interruptions plus courtes pourraient être un marqueur de problèmes sous-jacents entraînant une augmentation du nombre de décès, plutôt que la cause elle-même.

 

Cependant, la durée des perturbations respiratoires apparaît bien un prédicteur significatif du risque de mortalité.

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