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APNÉE et GLAUCOME: Pressions thoracique et pression oculaire n'ont rien à voir

Actualité publiée il y a 3 années 2 mois 2 semaines
Investigative Ophtalmology and Visual Science

Cette étude de l’Université d'Hokkaido apporte une explication inattendue au lien constaté entre apnée et glaucome, chez de nombreux patients. Les conclusions, présentées dans la revue Investigative Ophtalmology and Visual Science, décryptent pourquoi pressions du thorax et pression oculaire ne suffisent pas à expliquer le lien entre ces deux syndromes.

Le glaucome est une maladie dans laquelle le nerf optique est endommagé en raison d'une pression oculaire accrue, ce qui restreint le champ visuel. On sait par ailleurs que l'apnée est associée à un risque cardiovasculaire augmenté, avec une incidence accrue d'accident vasculaire cérébral et de crise cardiaque. Enfin, les patients atteints syndrome d'apnée obstructive du sommeil (SAOS) sont 10 fois plus enclins à souffrir de glaucome que les personnes exemptes de SAOS.


Jusqu'ici, on n'avait pas été techniquement capable de mesurer en continu la pression oculaire chez des sujets endormis. Les scientifiques de l'Université d'Hokkaido y parviennent, à l'aide d'un capteur spécial semblable à une lentille de contact, chez des patients atteints du syndrome de l'apnée du sommeil obstructive du sommeil et constatent alors une corrélation inattendue avec le glaucome. On sait que l'apnée ou plutôt l'arrêt momentané de l'expiration au cours du SAOS entraîne une augmentation de pression intra-thoracique.

Moins de pression oculaire !!! L'étude montre de façon inattendue que la pression oculaire chute lorsque les participants s'arrêtent de respirer. Pourquoi ? Parce que les sujets atteints d'apnée ont tendance à stopper l'inspiration et non l'expiration, au cours des moments de blocage de leurs voies respiratoires. Cette pause dans l'inspiration conduit à une diminution de la pression intra-thoracique.

Mais des effets hypoxiques, sont constatés chez les participants souffrant d'apnée, avec donc une réduction des pics dans les niveaux d'oxygène dans le sang. Ces effets hypoxiques pourraient donc constituer, écrivent les chercheurs, le facteur déclenchant majeur de dommages au nerf optique pouvant finalement conduire au glaucome. L'étude montre ainsi que le nerf optique peut être endommagé en raison de l'hypoxie et sans forcément de pic dans la pression oculaire, une découverte qui aide à mieux comprendre les différents facteurs et types de glaucome, dont les glaucomes avec niveaux normaux de pression oculaire.

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