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AUTISME : Des comportements alimentaires inhabituels, indicateur de diagnostic

Actualité publiée il y a 4 mois 3 semaines 4 jours
Research in Autism Spectrum Disorders
Les comportements alimentaires inhabituels pourraient constituer un nouvel indicateur de diagnostic de l'autisme

Les comportements alimentaires inhabituels pourraient constituer un nouvel indicateur de diagnostic de l'autisme, conclut cette recherche du Penn State College of Medicine : en pratique, un comportement alimentaire atypique devrait inciter à soumettre l’enfant à un dépistage de l'autisme. Pourquoi ? La recherche, présentée dans la revue Research in Autism Spectrum Disorders révèle des comportements alimentaires atypiques présents chez 70% des enfants atteints d'autisme, soit 15 fois plus que chez les enfants neurotypiques.

 

Quels sont ces comportements alimentaires atypiques ? Ils peuvent inclure des goûts alimentaires extrêmement limités, une hypersensibilité aux textures ou à la température des aliments et le fait de garder en bouche la nourriture sans l’avaler. Selon l’auteur principal, le psychiatre Susan Mayes, ces comportements sont présents chez de nombreux enfants atteints d'autisme, dès l’âge d’1 an et pourraient constituer un précieux indice pour les parents et les médecins.

L’exemple d’un enfant autiste qui ne mangeait que du bacon et ne buvait que du thé glacé.

Les chercheurs ont évalué les comportements alimentaires décrits lors d’entretiens avec les parents de plus de 2.000 enfants participant à 2 études. Ils ont étudié la différence de fréquence des comportements alimentaires inhabituels entre les enfants autistes et neurotypiques, atteints de trouble d'hyperactivité avec déficit de l'attention et d'autres troubles neurologiques.

 

Une différence nette entre ces comportements alimentaires inquiétants et les habitudes alimentaires difficiles qui caractérisent de nombreux jeunes enfants :  les chercheurs expliquent que la plupart des enfants élargissent progressivement leur régime alimentaire au cours de leur développement, mais que les enfants atteints de TSA, sauf intervention, restent des consommateurs sélectifs : « Dans notre pratique, nous voyons des enfants qui continuent à manger de la nourriture pour bébé et qui se refusent à passer à de nouvelles textures ; nous voyons même des enfants qui ne parviennent pas à passer de l'allaitement au biberon ».

 

De nombreux enfants autistes s’alimentent de manière hypersélective, et se nourrissent principalement à base de produits céréaliers et de nuggets de poulet. Les enfants autistes présentent une hypersensibilité sensorielle, sont réfractaires au changement et à la découverte de nouveaux aliments et sont cantonnés à certaines textures. Souvent, ils n’acceptent de ne manger que des aliments d'une marque, d'une couleur ou d'une forme précises.

 

1,2 ou 3 comportements alimentaires atypiques : la plupart des enfants autistes suivent plus d’un comportement alimentaire atypique : selon les chercheurs, il s'agit d'un phénomène clinique courant : « Lorsque nous évaluons de jeunes enfants aux prises avec des problèmes d'alimentation multiples, nous commençons à nous poser la question du diagnostic d'autisme. Et finalement, dans de nombreux cas, nous posons ce diagnostic ».

Un comportement alimentaire atypique peut donc être un signe d’autisme. Le professionnel de santé qui entend parler les parents de ce type de comportements doit leur recommander de faire passer un test de dépistage de l'autisme à leur enfant, ajoutent les chercheurs. Car on connait toute l’importance du diagnostic précoce dans la prise en charge du TSA : plus tôt l'autisme est diagnostiqué, plus tôt l'enfant pourra commencer le traitement avec un analyste et l'analyse comportementale est plus efficace lorsqu’elle est mise en œuvre pendant les années préscolaires. L’un des un des chercheurs apporte l’exemple d’un enfant autiste qui ne mangeait que du bacon et ne buvait que du thé glacé.

L’étude apporte une preuve supplémentaire que « ces comportements alimentaires inhabituels sont la règle et non l'exception chez les enfants autistes ».

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