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DOULEUR : Les promesses des époxydes lipidiques

Actualité publiée il y a 1 année 3 mois 2 semaines
Nature Communications (et bioRvix)
Des sous-produits thérapeutiques du métabolisme des lipides s'avèrent extrêmement puissants contre la douleur (Visuel Adobe Stock 266377735)

Une fois modifiés via un processus connu sous le nom d'époxydation, ces 2 lipides naturels deviennent des agents analgésiques puissants qui ciblent plusieurs récepteurs cannabinoïdes dans les neurones, interrompant les voies qui favorisent la douleur et l'inflammation. Cette découverte et ces travaux de biologistes de Université de l'Illinois à Urbana-Champaign, à paraître dans la revue Nature Communications et préalablement publiés sur le serveur de prépublication bioRvix, ouvrent la voie à de nouveaux antalgiques et anti-inflammatoires, et à une alternative prometteuse aux opioïdes addictifs.  

 

La recherche fait partie d'un programme plus large qui vise à identifier des sous-produits thérapeutiques du métabolisme des lipides, explique l’auteur principal, Aditi Das, professeur de biosciences à l'Université de l'Illinois. On commence à comprendre le rôle bénéfique de certains lipides alimentaires tels que les acides gras oméga-3 et oméga-6 mais le corps convertit ces nutriments en d'autres sous-produits dont certains peuvent également jouer un rôle bénéfique dans le fonctionnement des cellules, des tissus et de certains organes. Ainsi, ces 2 composés modifiés, appelés epo-NA5HT et epo-NADA, qui entraînent en effet selon la recherche, beaucoup plus puissant que les molécules dont ils sont issus et régulent efficacement la douleur et l'inflammation.

Notre corps utilise de multiples gènes pour le métabolisme des lipides,

et l’on ignore encore largement les effets de ces lipides, une fois métabolisés : lorsque nous consommons des acides gras polyinsaturés par exemple, en quelques heures, ils sont transformés en métabolites lipidiques. Si ces molécules considérées jusque-là comme des sous-produits métaboliques, ont reçu peu d’intérêt jusque-là, le corps les utilise pour des processus de signalisation, il est donc essentiel de les connaître et de comprendre ce qu'ils font.

 

1- Comprendre la régulation de la douleur : l’équipe se concentre ici sur le système endocannabinoïde, les récepteurs cannabinoïdes sur les cellules étant impliqués dans la régulation de la douleur. Lorsqu'ils sont activés, les récepteurs cannabinoïdes 1 et 2 ont tendance à réduire la douleur et l'inflammation, tandis qu'un troisième récepteur, TRPV1, favorise la sensation de douleur et contribue à l'inflammation. Ces récepteurs travaillent ensemble pour moduler les réponses du corps aux blessures ou aux maladies.

 

2-Identifier des alternatives lipidiques aux opioïdes capables d’interagir avec les récepteurs cannabinoïdes et permettant de concevoir de nouvelles thérapies antalgiques : cet objectif a mené l’équipe a reprendre les recherches sur 2 molécules lipidiques, appelées NA5HT et NADA, déjà documentées pour ces effets. Ici, l’équipe montre que les cellules cérébrales possèdent la machinerie moléculaire pour « époxyder » NA5HT et NADA, les convertir en epo-NA5HT et epo-NADA, 2 époxydes lipidiques bien plus puissants que leurs molécules précurseurs.

epo-NA5HT s’avère ainsi un antagoniste de TRPVI 30 fois plus fort que NA5HT.

 

Il reste à évaluer dans quelle mesure les neurones époxydent naturellement NA5HT et NADA dans le cerveau,

mais ces premiers résultats sont prometteurs pour le développement futur de composés lipidiques capables de lutter contre la douleur et l'inflammation.

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