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AVC : Une thérapie vertébrale expérimentale stimule la récupération

Actualité publiée il y a 3 mois 2 semaines 4 jours
The Journal of Neuroscience
L'AVC est la cause la plus fréquente d'incapacité chez les adultes.

Cette intervention développée à l'Université de l'Alberta (Canada) basée sur une injection dans la colonne vertébrale se révèle efficace à restaurer les connexions entre le cerveau et la moelle épinière et à améliorer la récupération post-AVC. La preuve de concept apportée ici chez l’animal nécessitera de nombreuses recherches de confirmation et devra être encore testée chez l’Homme mais pourrait un jour jouer un rôle clé dans l'amélioration du rétablissement des victimes d'accident vasculaire cérébral (AVC).

 

L'AVC est la cause la plus fréquente d'incapacité chez les adultes. Le parcours typique de récupération implique une thérapie de réadaptation intensive. Au cours des premières semaines suivant un AVC, les patients ressentent des améliorations au fur et à mesure que le cerveau se reconfigure, mais finissent par atteindre un maximum et retrouvent rarement leurs capacités de départ.

 

En injectant un médicament appelé chondroïtinase ABC (ChABC) dans la moelle épinière de rats, modèle d’AVC, 28 jours après l’événement, les chercheurs constatent un « recâblage amplifié des circuits reliant le cerveau à la moelle épinière » et ainsi une amélioration de la récupération. Cette thérapie « vertébrale » et innovante, combinée à une thérapie classique de réadaptation, amplifie encore la récupération. « C’est une preuve tangible qu'il existe des options supplémentaires pour les patients victimes d’AVC et atteints de handicap physique permanent (comme une paralysie ou des troubles moteurs). « Il y a donc un espoir de réduire ces déficits et de rétablir au mieux la qualité de vie, même des années après l'AVC », commente l’auteur principal, Ian Winship, professeur agrégé de psychiatrie.

 

Des déficits impossibles à traiter ? C’est ce que l’on croyait et on demandait aux patients de vivre avec…Mais ici, l'injection de ChABC dans la moelle épinière ouvre un nouvel espoir. Le médicament agit sur les composants qui entourent les cellules du système nerveux et libère la croissance de nouvelles connexions en permettant de nouvelles connexions entre les zones motrices non affectées dans le cerveau et les réseaux spinaux qui contrôlent le mouvement. Ainsi, l'injection de ChABC un mois après AVC et sans réadaptation permet déjà des améliorations modérées des déficits sensorimoteurs. Mais en combinant la thérapie vertébrale et la thérapie de réadaptation, les sujets se rétablissent mieux et sont capables d'effectuer à nouveau certaines tâches sensorimotrices.

 

Une seconde chance de rétablissement ? La perspective est « excitante » parce qu’il existe un effet de seuil avec les interventions de réadaptation, et le médicament semble pouvoir éliminer ce seuil de récupération. Il reste d nombreux obstacles à surmonter avant les essais cliniques, notamment parce que l’injection de ChABC ne s'étend que sur un site limité et durant une courte période de temps. De plus le temps de récupération chez un humain est bien plus long que chez l’animal, ce qui signifie que des injections multiples seraient probablement nécessaires, augmentant le risque d'infection ou de blessure.

Une autre solution que l’injection ? C’est ce qu’envisagent d’ores et déjà les chercheurs, en particulier l’administration via un vecteur viral qui permettrait aux cellules d'exprimer génétiquement ChABC au lieu de l'injecter directement. La solution permettrait un effet plus durable et une plus grande propagation dans la moelle épinière.

« Le potentiel est là, mais l’approche est encore loin de la clinique, cependant la preuve est réelle qu'il y a des choses à faire pour les patients à invalidité permanente post-AVC ».

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