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BENZODIAZÉPINES : La petite protéine qui finit par déclencher l’inflammation

Actualité publiée il y a 1 année 4 semaines 4 heures
PNAS
Ces calmants ou tranquillisants semblent en effet accroître en cas d’utilisation à long terme les niveaux d'inflammation dans le corps (Visuel Fotolia 168456752)

Cette équipe de la Virginia Commonwealth University (VCU) vient probablement de résoudre un mystère vieux de plusieurs dizaines d’années concernant certains effets secondaires des benzodiazépines : ces calmants ou tranquillisants semblent en effet accroître en cas d’utilisation à long terme les niveaux d'inflammation dans le corps. Ces travaux, publiés dans les Actes de l’Académie des Sciences américaine qui identifient le rôle clé d'une protéine en particulier dans ces effets, non seulement laissent espérer de meilleurs anxiolytiques avec moins d'effets secondaires mais également de nouvelles options thérapeutiques pour les patients atteints de maladies inflammatoires.

 

Des recherches antérieures ont en effet montré que les benzodiazépines pouvaient augmenter le risque de développer ou d'aggraver des maladies inflammatoires comme l'inflammation pulmonaire et les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI).

 

L’un des auteurs principaux, Youzhong Guo, pharmacologue à la VCU rappelle que les benzodiazépines comme le Valium et le Xanax sont très largement prescrits pour traiter l'anxiété, l'insomnie et les crises d'épilepsie. Si ces médicaments sont bien efficaces à court terme, leur utilisation prolongée n’est pas sans effet indésirable, en particulier sur les niveaux d'inflammation dans l'organisme.

 

De précédentes recherches ont montré que les benzodiazépines peuvent augmenter le risque de maladies inflammatoires sans, pour autant, cerner les mécanismes sous-jacents.

Une protéine clé explique l'inflammation liée aux benzodiazépines 

L’étude apporte un éclairage sur cette protéine impliquée dans l'inflammation liée aux benzodiazépines :

 

Les benzodiazépines produisent leur effet thérapeutique en se liant aux récepteurs GABAA du cerveau. Cependant, le médicament présente une affinité tout aussi forte pour les protéines sensorielles mitochondriales humaines riches en tryptophane (HsTSPO1 ou human mitochondrial tryptophan-rich sensory proteins), situées sur la membrane externe des mitochondries, les mini-centrales énergétiques des cellules. Ce type de protéine a déjà été associé à plusieurs maladies neurodégénératives, dont la maladie d'Alzheimer.

 

HsTSPO1 impliquée dans certains effets secondaires des benzodiazépines : de nombreux scientifiques ont émis l'hypothèse que la fonction de HsTSPO1 serait le transport du cholestérol à travers les membranes pour réguler la production d'hormones stéroïdes. L’équipe suggère ici que la fonction de HsTSPO1 est toute autre :  à l’aide d’une technologie de pointe permettant d’étudier HsTSPO1 dans un état proche de son environnement membranaire cellulaire naturel, les chercheurs ont peu acquérir de nouvelles connaissances sur la structure de la protéine et sur ses interactions avec d'autres composés :

 

  • la protéine HsTSPO1 fonctionne comme une enzyme : elle dégrade la protoporphyrine IX, un composé présent dans les globules rouges riches en oxygène, pour créer un nouveau produit que les scientifiques ont baptisé bilindigine ;
  • la bilindigine contribue à réguler le taux d'espèces réactives de l'oxygène (ROS) dans notre organisme, les ROS pouvant provoquer une inflammation et tuer des cellules en l’absence de régulation ;
  • lorsque le Valium ou d'autres benzodiazépines se lient à HsTSPO1, ils inhibent la capacité de la protéine à gérer les concentrations de ROS dans nos cellules ;
  • à terme, ces médicaments provoquent ainsi des effets secondaires inflammatoires.

 

En conclusion, l’activité enzymatique de la protéine HsTSPO1 découverte, consiste à la fois à réduire la production et à neutraliser les ROS, cependant cette action peut être inhibée par les benzodiazépines.

 

Ces nouvelles connaissances sur HsTSPO1 vont aider au développement de meilleures benzodiazépines, mais au-delà, HsTSPO1 apparaît une cible médicamenteuse prometteuse pour le suivi et le traitement des maladies neurodégénératives, comme la maladie d'Alzheimer, ainsi que pour d'autres affections inflammatoires liées à HsTSPO1, notamment certains cancers, MICI, l'arthrite et la sclérose en plaques (SEP).

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