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BOISSONS SUCRÉES : Faut-il les taxer bien plus ?

Actualité publiée il y a 1 année 3 mois 4 semaines
PLOS Medicine
On sait que les taxes -et l’augmentation du prix du tabac-ont fait reculer le tabagisme.  Serait-ce idem pour la consommation de boissons sucrées ? (Visuel Fotolia 30361944)

On sait que les taxes -et l’augmentation du prix du tabac-ont fait reculer le tabagisme.

Serait-ce idem pour la consommation de boissons sucrées ? Cette expérience britannique, menée à l’Université de Cambridge révèle, avec une telle augmentation des taxes sur les boissons gazeuses, une diminution de l'obésité chez les filles. Cette large étude de suivi de l'obésité infantile en Angleterre de 2014 à 2020, publiée dans la revue PLoS Medicine, confime l’efficacité des mesures d’incitation financière sur les comportements de santé.

 

En Angleterre, les taux d'obésité infantile ont considérablement augmenté au cours des dernières décennies, avec atteignant, en 2020, 10 % dans la tranche d’âge 4 à 5 ans et 20 % dans la tranche de 10 à 11 ans. Cette expérience aboutit à une réduction de 8 % de l'obésité chez les filles âgées de 10 à 11 ans, à la suite de l’établissement en 2018 d’une taxe sur les boissons gazeuses, les réductions les plus importantes étant observées chez les filles vivant dans les zones les plus défavorisées.

De multiples études ont démontré la responsabilité des boissons sucrées dans l’épidémie d’obésité, ces boissons représentant jusqu’à 1 tiers de l’apport calorique de leurs consommateurs réguliers. En avril 2018, la taxe britannique est entrée en vigueur pour inciter les fabricants de boissons gazeuses à réduire la teneur en sucre de leurs produits.

 

L’étude a analysé les données de plus d'1 million d'enfants scolarisés dans les écoles primaires anglaises. Les élèves âgés de 4 à 5 ans et de 10 à 11 ans ont été suivis sur 6 ans, de septembre 2013 à novembre 2019. Les chercheurs ont comparé les niveaux d'obésité 19 mois après l’entrée en vigueur de la taxe avec les niveaux d'obésité prévus si la taxe n’avait pas été mise en œuvre. Ont été pris en compte les facteurs de confusion possibles, dont le sexe et le niveau de revenus du foyer. L’analyse révèle :

 

  • chez les filles de 10 à 11 ans, une réduction du taux d'obésité de 1,6 point ce qui équivaut à une réduction de 8 % des taux d'obésité ;
  • les réductions les plus importantes sont observées chez les filles des milieux les plus défavorisés, avec une réduction absolue de 2,4 points de pourcentage de la prévalence de l'obésité pour le quintile le plus défavorisé ;
  • chez les garçons de 10 à 11 ans, l’analyse n’observe aucun changement global dans les taux d'obésité, et cela quel que soit le niveau de privation du foyer.

 

Les résultats suggèrent ainsi que :

taxer les boissons sucrées a permis de réduire les taux d’obésité chez les filles,

âgées de 10 à 11 ans. Il reste à expliquer l'absence d'effet chez les garçons (?). Si d'autres stratégies doivent être mises en œuvre pour réduire la prévalence de l'obésité chez les enfants et en particulier chez les garçons plus âgés, la piste de l'augmentation des prix des produits trop sucrés doit être exploitée.  

 

La taxe a ainsi déjà permis d’éviter que des milliers d’enfants, principalement des filles, ne développent une obésité.

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