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BRAIN ON FIRE : Un médicament pour l’encéphalite

Actualité publiée il y a 2 années 2 mois 3 semaines
Utah Health et NINDS/ NIH
Un essai clinique vient d'être lancé, sur une durée de suivi de 5 ans sur un nouveau médicament pour le traitement de l'encéphalite à anticorps antirécepteurs NMDA (ou encéphalite anti-R-NMDA) (Visuel Adobe Stock 218361012)

Cette équipe de l’University of Utah Health avec le soutien du National Institute of Neurological Disorders and Stroke (NINDS/NIH) lance un essai clinique sur une durée de suivi de 5 ans sur un nouveau médicament pour le traitement de l'encéphalite à anticorps antirécepteurs NMDA (ou encéphalite anti-R-NMDA) un type d'encéphalite auto-immune aujourd’hui mieux connue par le grand public sous l’appellation « brain on fire ». Une maladie auto-immune qui attaque donc le cerveau, provoquant confusion, perte de mémoire, convulsions et symptômes sévères de type troubles psychiatriques.

 

L'encéphalite est une inflammation du cerveau qui peut être causée par un virus ou, comme c'est le cas dans l'encéphalite anti-R-NMDA par une réponse auto-immune qui se produit lorsque des anticorps attaquent par erreur des cellules dans certaines parties du cerveau.

 

Les anticorps produits par le système immunitaire s’attaquent précisément aux récepteurs NMDA du cerveau, des protéines qui gèrent les signaux électriques et dont la fonction est donc essentielle pour le jugement, la perception, l’interaction, l’encodage, le rappel et la gestion des fonctions automatiques comme la respiration ou la déglutition…L’encéphalite anti-R-NMDA entraîne donc des conséquences plus que sévères, obérant le fonctionnement au quotidien et allant jusqu’à une incapacité physique mortelle affectant le système nerveux, le cœur, les poumons et les reins.

Un diagnostic et un traitement rapides pourraient ramener la majorité des patients à une vie normale

Un risque élevé de séquelles à long terme : même avec un traitement rapide, jusqu'à 50 % des patients peuvent subir des conséquences à long terme, en particulier des symptômes cognitifs et de l'humeur. Le rétablissement est également souvent lent, prenant des mois ou des années et les patients doivent rester à l'hôpital pendant de longues périodes. Enfin, le diagnostic est complexe, certains patients atteints d’encéphalite anti-R-NMDA peuvent initialement être diagnostiqués à tort avec la schizophrénie, le trouble bipolaire ou d'autres troubles psychiatriques.

 

Quelle est la norme actuelle du traitement ? À ce jour, les traitements les plus efficaces pour l'encéphalite anti-R-NMDA consistent en une combinaison de médicaments qui ciblent le système immunitaire de différentes manières et qui comprennent des corticostéroïdes, de l'immunoglobuline intraveineuse (IgIV) et l'échange de plasma, et d'autres chimiothérapies à action plus longue pour supprimer le l'activité des anticorps qui attaquent le cerveau. On ignore en fait quelle est la meilleure combinaison thérapeutique pour traiter la maladie.

 

L’essai en cours évalue l'innocuité d'un nouveau candidat et son efficacité à améliorer la qualité de vie chez ces patients. Un autre objectif de la recherche est d’identifier des biomarqueurs qui pourraient aider les médecins à prédire dans quelle mesure les patients parviendront à se rétablir de cette encéphalite.

 

« Ces patients étaient pour la plupart auparavant en bonne santé et se retrouvent littéralement frappés du jour au lendemain. Sans un traitement et des soins efficaces, ils peuvent rester handicapés de façon permanente ou en mourir », explique l’auteur principal, le Dr Stacey L. Clardy, chercheur à l'U of U Health et précisément en neuroimmunologie.

 

L‘essai, multisites (mené sur 20 sites américains et 2 européens) porte sur un médicament intraveineux appelé inebilizumab, un anticorps monoclonal qui peut neutraliser l'activité des lymphocytes B, le type de globule blanc soupçonné d’attaquer les récepteurs NDMA dans le cerveau. Les participants vont d'abord être traités avec des stéroïdes, puis des IgIV ou des échanges plasmatiques - la norme de soins actuelle - avant de commencer l'essai. Au cours de l'étude, un bras recevra l'inebilizumab, et l’autre pas.

 

Les chercheurs espèrent pouvoir ainsi établir une norme de soins plus rationnelle si l'inebilizumab se confirme comme efficace. Donc un grand espoir, à suivre.


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