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CANCER COLORECTAL: Radio-chimiothérapie puis « Watch-and-Wait » ?

Actualité publiée il y a 5 mois 3 semaines 5 jours
The Lancet Oncology
"Watch-and-Wait ", un nouveau protocole de prise en charge moins invasif du cancer colorectal (Visuel Adobe Stock 334045085)

Les patients atteints d'un cancer rectal pourraient avoir intérêt à remplacer la chirurgie invasive par une option radio/chimio suivie d’une période « Watch-and-Wait » de quelques années de suivi rigoureux, conclut cette étude d’une équipe de cancérologues du Champalimaud Centre for the Unknown à paraître dans le Lancet Oncology.

 

Cette équipe internationale de scientifiques, dont les médecins de Lisbonne, suggère que la majorité des patients atteints d'un cancer colorectal pourraient, dans un avenir pas très lointain, remplacer la chirurgie colorectale « agressive » par un cycle de radio-chimiothérapie et quelques années de surveillance rigoureuse. Le risque de voir la tumeur croître à nouveau ou de développer des métastases serait alors extrêmement faible, après 2 années exemptes de signes de récidive.

Watch-and-Wait, un programme de surveillance très strict après la radio-chimiothérapie

Précisément, l'équipe montre que chez près de 70% des quelque 800 participants atteints d'un cancer rectal qui, de 1991 à 2015, se sont soumis à un traitement non invasif alternatif à la chirurgie, un protocole « Watch-and-Wait » confirmant l’absence de reprise de la tumeur au cours des 2 années suivant le traitement, permet d’opter ensuite pour une surveillance moins stricte avec peu de risque. L’arrêt des traitements pourrait même dès lors être envisagé, chez ces patients exempts de signes de récidive.

 

Un nouveau paradigme thérapeutique : de manière similaire à la prise en charge du cancer de la prostate, pendant de nombreuses années, le seul traitement disponible pour les patients atteints d'un cancer rectal était l’intervention chirurgicale radicale- qui se terminait souvent par une colostomie définitive ; une intervention qui implique que le patient doit être équipé à vie d'un sac de collecte de selles relié à son intestin par une incision dans l'abdomen (stomie). Cette nouvelle approche moins invasive a été initiée il y a une vingtaine d’années par le Dr Angelita Habr-Gama, chirurgien à l'Université de São Paulo, auteur principal de l’étude menée avec des collègues du Brésil, du Royaume-Uni, des Pays-Bas et du Portugal.

 

Une alternative à la chirurgie rectale ? Les patients ayant une tumeur très proche de l'anus doivent subir une radio et une chimiothérapie afin de réduire la tumeur avant la chirurgie, pour éviter des complications postopératoires potentiellement graves. Le chercheur avait alors observé que chez un certain nombre de ces patients, l'analyse (biopsie) du tissu prélevé lors de la chirurgie ne montrait souvent absolument aucune trace de cellules cancéreuses. L’auteur s’est donc demandé s’il n’existait pas une alternative à la chirurgie rectale.

 

« Watch-and-Wait » ? Le nouveau protocole consiste à effectuer, 8 à 10 semaines après la radio-chimiothérapie, une série de tests diagnostiques avant de décider si l’intervention chirurgicale se justifie. Pour prendre cette décision, 3 examens sont réalisés : un examen rectal numérique, une endoscopie et une imagerie par résonance magnétique. Et si la réponse clinique du patient est « complète », c'est-à-dire si la tumeur n'est détectable dans aucun de ces examens, le patient peut alors rejoindre le protocole « Watch-and-Wait ».

 

Des détracteurs du protocole mettent en avant 2 inconvénients :

  • en cas de reprise locale ultérieure de la tumeur (ce qui se produit chez environ 25% des patients), cette reprise pourrait être plus sévère car la chirurgie, alors vitale, aurait été retardée ;
  • le cancer pourrait ensuite avoir le temps de métastaser s'il n'est pas éliminé immédiatement.

 

Selon ses détracteurs, le nouveau protocole comporte donc un risque de réapparition locale plus sévère de la tumeur.  

Mais « c'est aussi pourquoi les patients sont maintenus sous un programme de surveillance très strict après la radio-chimiothérapie ».

 

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