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CANCER de la PROSTATE : L’hormonothérapie met le cœur à mal

Actualité publiée il y a 1 mois 3 semaines 3 jours
The Aging Male
L'hormonothérapie pour le cancer de la prostate augmente le risque de décès de maladie cardiovasculaire (Visuel Adobe Stock 500435750)

L'hormonothérapie pour le cancer de la prostate augmente le risque de décès de maladie cardiovasculaire, souligne cette équipe du National Cancer Institute (Vilnius). Ces experts suggèrent, dans la revue Aging Male, que ces patients devraient subir un dépistage systématique des maladies cardiovasculaires préexistantes, avant la prescription d’un tel traitement.

 

L'hormonothérapie, également connue sous le nom de thérapie par privation d'androgènes, est un traitement de base pour les patients atteints d'un cancer de la prostate. Le traitement utilise la chirurgie ou des médicaments pour abaisser les niveaux d'hormones (telles que la testostérone) qui alimentent la croissance du cancer. Alors que de précédentes recherches ont suggéré que l'hormonothérapie peut augmenter le risque de troubles cardiovasculaires, d'autres études n'ont pas identifié ce lien.

 

L’équipe lituanienne confirme ici cet effet secondaire spécifique de l’hormonothérapie chez ce groupe de patients, ce risque élevé de décès par maladie étant constaté chez les patients traités par hormonothérapie vs autres traitements.

 

L’étude est menée auprès de 13.343 patients atteints de cancer de la prostate, âgés de 40 à 79 ans, suivis entre 4 et 5 ans, ayant reçu un diagnostic de cancer de la prostate entre 2012 et 2016. L’équipe a comparé le risque de décès par maladie cardiovasculaire chez les 3.797 patients ayant reçu une hormonothérapie vs les 9.546 autres participants. L’analyse révèle :

  • une augmentation de plus du double du risque de décès par maladie cardiovasculaire chez les patients ayant reçu une hormonothérapie ;

  • un risque plus élevé de décès lié aux maladies cardiovasculaires à partir de la deuxième année suivant le diagnostic de cancer de la prostate ;
  • un risque presque cinq fois plus élevé pour les patients âgés de 70 à 79 ans ayant reçu une hormonothérapie vs ceux qui n'en avaient pas reçu ;
  • un risque plus élevé de décès spécifiquement d'un AVC ou de maladie coronarienne respectivement de 42 % et 70 % chez les hommes traités par hormonothérapie vs ceux qui ne l'avaient pas été ;
  • ainsi, le risque le plus élevé identifié, concerne les maladies coronariennes et les accidents vasculaires cérébraux (AVC) ;
  • en résumé, cette augmentation du risque apparaît dès la deuxième année suivant le diagnostic de cancer

et est plus marquée chez les hommes plus âgés.

 

L'hormonothérapie est souvent utilisée pour les patients atteints d'un cancer de la prostate. Cependant ces données appellent à des recherches supplémentaires pour mieux comprendre les risques et les bénéfices de ce traitement. L’auteur principal, le Dr Justinas Jonusas de l'Institut national du cancer de Lituanie précise : « ces résultats suggèrent que les cliniciens devraient envisager des stratégies de prévention et d'atténuation du risque de maladie cardiovasculaire dans le cadre du plan de traitement du patient. En particulier pour les patients les plus âgés ».

 

Alors que le cancer de la prostate est généralement diagnostiqué chez les hommes plus âgés, dont beaucoup ont déjà reçu un diagnostic de maladie cardiovasculaire, cette augmentation aussi considérable du risque de décès cardiovasculaire avec l’hormonothérapie, est très préoccupante.

 

Ce résultat appelle, chez ces patients, au dépistage des maladies cardiovasculaires préexistantes et à un meilleur contrôle de leurs facteurs de risque afin de réduire la mortalité.

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