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CANCER du SANG : Une nouvelle méthode pour le détecter plus tôt

Actualité publiée il y a 1 année 1 jour 8 heures
Nature Genetics
Cette recherche suggère des moyens de détecter plus tôt le cancer du sang (Visuel Adobe Stock 283646387)

Cette recherche génétique, menée par une équipe de biologistes de la Washington Medicine (WashU), suggère des moyens de détecter plus tôt le cancer du sang : cette nouvelle compréhension de l'interaction des mutations, documentée dans la revue Nature Genetics ouvre une première voie vers un dépistage complexe mais plus précoce et à de futures stratégies de prévention.

 

La recherche montre en effet que les mutations acquises dans les cellules souches sanguines qu'elles soient liées à des comportements comme le tabagisme, à des expositions aux toxines ou même au vieillissement normal, interagissent avec les mutations transmises par les parents, ce qui influence le risque de cancer du sang au cours de la vie.

Ces connaissances sur ces interactions suggèrent de nouveaux modes de dépistage

Avec l'âge, nos cellules se répliquent et l'ADN de ces cellules peut acquérir des erreurs – ou mutations – à chaque copie de la séquence. La plupart des mutations nouvellement acquises sont inoffensives, mais certaines peuvent favoriser le développement d'un cancer.

 

La rcherche révèle que ces mutations nouvellement acquises interagissent avec nos mutations héréditaires (transmises par nos parents) de manière importante, influençant ainsi ce risque de cancer. La recherche se concentre spécifiquement sur le risque de cancers du sang tels que la leucémie myéloïde aiguë (LAM), bien que les interactions entre mutations héréditaires et acquises jouent probablement un rôle dans d'autres types de cancer.

 

Mutations héréditaires et acquises : les mutations héréditaires sont présentes dans l'ovule et le spermatozoïde et sont donc présentes dans chaque cellule dès la naissance, tandis que les mutations acquises s'accumulent progressivement avec l'âge dans différentes cellules.

 

L'équipe cherche donc à comprendre comment les interactions entre ces deux types de mutations influencent le risque de développer un cancer du sang, en se concentrant sur une maladie du sang appelée hématopoïèse clonale, connue pour augmenter le risque de développer un cancer du sang. L'hématopoïèse clonale est causée par une mutation des cellules souches sanguines (cellules à l'origine de tous les différents types de cellules sanguines), qui confère à ces cellules un léger avantage de survie par rapport aux cellules souches normales.

Ces clones de cellules souches se multiplient davantage et risquent de se transformer en cancer du sang.

L’hématopoïèse clonale, un passage « obligé » des cancers du sang ? L’un des auteurs principaux, le Dr Bolton, qui traite des patients au Siteman Cancer Center et à la WashU, précise ici : « La plupart des patients atteints d'hématopoïèse clonale ne développent jamais de cancer du sang. Dans une certaine mesure, l'hématopoïèse clonale est un processus normal de vieillissement. Cependant, nous pensons que de nombreuses personnes, voire toutes, qui développent un cancer du sang passent par une phase d'hématopoïèse clonale à un moment donné. Nous n'en sommes qu'aux premiers stades de la recherche pour déterminer quelles personnes atteintes d'hématopoïèse clonale développeront un cancer du sang et lesquelles n'en développeront pas ».

 

L’étude analyse les données génomiques de plus de 730.000 participants, ainsi que des échantillons sanguins. Cette analyse révèle que :

 

  • l'hématopoïèse clonale est en effet plus fréquente chez les personnes présentant des mutations héréditaires de certains gènes déjà connus pour augmenter le risque de cancer ;
  • ces mutations héréditaires ont un impact certain sur les profils de mutations nouvellement acquises responsables de l'hématopoïèse clonale ;
  • lorsque les clones de cellules souches acquièrent ne serait-ce que quelques mutations nocives supplémentaires, l'hématopoïèse clonale peut se transformer en cancer du sang, comme la leucémie myéloïde aiguë (LAM), une maladie dans laquelle les cellules cessent de fonctionner normalement et se multiplient jusqu'à supplanter les cellules saines.

 

Détecter les cellules précancéreuses chez les personnes à haut risque de cancer du sang : l’étude constate que parmi les personnes atteintes d'hématopoïèse clonale, celles qui présentent des mutations héréditaires prédisposant à l'hématopoïèse clonale présentent aussi un risque plus élevé de cancer du sang.

Ainsi, le patrimoine génétique héréditaire constitue « un terreau fertile » de cancer du sang.

Certains facteurs, comme le tabagisme ou une exposition antérieure à la radiothérapie ou à la chimiothérapie, peuvent accélérer le processus et augmenter le risque de transformation en cancer. L’analyse de la combinaison de données génomiques à grande échelle peut révéler comment les mutations héréditaires et acquises interagissent pour influencer le risque de cancer.

 

La capacité à détecter et à mesurer à la fois le risque de cancer héréditaire et l'hématopoïèse clonale apparaît ici comme une stratégie efficace pour identifier les personnes à risque -qui bénéficieraient le plus de stratégies de prévention précoce, telles que des thérapies ciblées pour les mutations les plus dommageables. Cependant, à l'heure actuelle, l'hématopoïèse clonale est difficile à identifier sans analyses sanguines spécialisées qui ne font pas partie des soins de routine.

Le développement de nouveaux tests sanguins s’impose.

« Nous souhaiterions commencer par des essais cliniques préventifs pour les personnes porteuses de certaines mutations héréditaires et présentant déjà des signes d'hématopoïèse clonale, comme la multiplication d'un ou deux clones dans leur sang ».

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