CANCER du SEIN : Pourquoi la gestion du poids s’impose
La prise charge des cancers devient plus holistique et dans cette droite ligne, l’équipe d’oncologues de la Perelman School of Medicine de l’Université de Pennsylvanie attire notre attention sur les changements de poids et le risque d'insuffisance cardiaque plus marqués après le développement d'un cancer du sein. Les chercheurs appellent ainsi, dans le JAMA Oncology à une surveillance plus rigoureuse de ces deux facteurs.
Le dysfonctionnement cardiaque après un traitement contre le cancer du sein est une préoccupation courante, notamment en raison des effets cardiotoxiques des thérapies. L'insuffisance cardiaque (IC) est une des manifestations de ce dysfonctionnement cardiaque et elle affecte la santé et la qualité de vie à long terme des survivantes du cancer du sein.
Ces patientes prennent également et fréquemment du poids, ce qui peut aggraver ce risque d’insuffisance cardiaque.
L’équipe tente ici de démêler l’association entre ce cancer, le poids et l’insuffisance cardiaque.
L’étude analyse les données du Service national d'assurance maladie de la République de Corée afin d’identifier les femmes nouvellement diagnostiquées avec un cancer du sein invasif mais exemptes d’insuffisance cardiaque au moment du diagnostic. Les changements de poids, chez ces 43.717 femmes âgées en moyenne de 54 ans, ont été évalués à partir d’examens de santé effectués avant (0 à 2 ans) et après (0,5 à 2,5 ans) le diagnostic. L’IMC moyen avant le diagnostic était de 23,5 et après le diagnostic de 23,3. Le critère principal était l'incidence d'une insuffisance cardiaque nouvellement diagnostiquée. L’analyse révèle que :
- dans l'ensemble, 6,1 % des participantes ont perdu plus de 10 % de poids ;
- 15,7 % ont perdu entre 5 et 10 % de poids,
- 63,9 % ont maintenu leur poids,
-
10,7 % ont pris entre 5 et 10 % de poids,
- 3,5 % ont pris plus de 10 % de poids corporel ;
- parmi les participantes obèses avant le diagnostic, 77 % ont maintenu leur obésité ;
- sur le suivi moyen de 5 ans, une prise de poids de 5 à 10 % est associée à un risque accru de 59 % d’insuffisance cardiaque ;
- une prise de poids de plus de 10 %, à un risque accru de 85 % ;
- aucune association n’est observée entre la perte de poids et le risque d’insuffisance cardiaque ;
- l'obésité persistante après le diagnostic n'est pas non plus associée à un risque accru d’insuffisance cardiaque.
Ainsi, on retiendra, qu’après un diagnostic de cancer du sein, la prise de poids est associée à un risque accru d'insuffisance cardiaque, avec des implications donc essentielles pour les soins oncologiques, en particulier au cours des premières années suivant le diagnostic.
Ces données doivent sensibiliser les médecins, comme leurs patientes, à l'importance d'une intervention efficace sur le poids dans le cadre des soins oncologiques, notamment pour protéger la santé cardiovasculaire.
Autres actualités sur le même thème
ICTÈRE du nouveau-né: La photothérapie accroît-elle le risque de cancer pédiatrique?
Actualité publiée il y a 10 années 1 semaineCANCER du SEIN : Traiter aussi la dépression, facteur majeur de mauvais pronostic
Actualité publiée il y a 2 années 1 moisASPIRINE : Prescrire en fonction du rapport bénéfice/risque et non de l'âge
Actualité publiée il y a 4 années 3 moisESPÉRANCE de VIE : Un bon test, grimper 3 étages sans s’arrêter ?
Actualité publiée il y a 7 années 4 mois
ABONNEMENT PREMIUM
Accédez sans limite à plus de 15 000 actualités



