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CANCER du SEIN : Seule 1 femme sur 7 à risque suit un traitement préventif

Actualité publiée il y a 2 années 3 mois 3 semaines
Breast Cancer Research and Treatment
Près de 90% des femmes à risque génétique élevé de cancer du sein évitent de prendre un traitement préventif par peur des effets secondaires et parfois…par superstition

Près de 90% des femmes à risque génétique élevé de cancer du sein évitent de prendre un traitement préventif par peur des effets secondaires et parfois…par superstition, révèle cette enquête, dans la revue Breast Cancer Research and Treatment. Des résultats qui révèlent tout l’élargissement encore possible du traitement préventif chez ce groupe de patientes, avec la nécessité d’une discussion complète avec le médecin, non seulement sur le bénéfice médical possible mais aussi sur les croyances parfois erronées sur ces traitements préventifs.

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Le tamoxifène est proposé aux femmes à risque accru de développer un cancer du sein en raison d’antécédents familiaux de la maladie. Si le médicament est efficace à réduire le risque, ce traitement quotidien et sur une durée moyenne de 5 ans peut entraîner des effets secondaires tels que des bouffées de chaleur, de la fatigue et des nausées.

 

 

Les chercheurs de différents instituts au Royaume-Uni et aux États-Unis, dont l’University College London (UCL) et la Northwestern University (Chicago), ont interrogé 258 femmes, âgées en moyenne de 45 ans, à risque élevé de cancer du sein et à qui un traitement par tamoxifène avait été recommandé. Au départ de l’étude, les participantes ont renseigné par questionnaire leur âge, le nombre d’enfants, le statut matrimonial, l’origine ethnique, le niveau d’études et de revenus, le type d’emploi professionnel, les résultats de santé. Puis à 3 mois, les participantes ont été interrogées sur leurs sentiments à l'égard du tamoxifène et ont été réparties en fonction de leur utilisation ou pas du médicament. Sur les 258 femmes, 16 participantes ont accepté de participer ensuite à des entrevues de 35 mn pour expliquer les raisons pour lesquelles elles avaient décidé de suivre ou non le traitement. L’analyse montre que :

 

 

  • seule 1 femme sur 7 (14,7%) accepte de prendre du tamoxifène ;
  • les femmes avec enfants sont beaucoup plus susceptibles d'accepter de suivre le traitement ;
  • les raisons les plus courantes invoquées pour refuser le traitement comprennent la réticence à prendre des médicaments à long terme, et la croyance selon laquelle le cancer du sein est une « fatalité » ;
  • la raison la plus fréquente d’accepter de suivre le traitement est la présence d’enfants : les patientes pensent alors à leurs enfants et pas seulement à elles-mêmes, lorsqu'elles envisagent de suivre ou non un traitement préventif. Elles sont alors plus conscientes des effets secondaires et de l'impact possible sur leur vie familiale ;
  • les croyances des proches sur les médicaments en général, participent également à la décision des patientes : les femmes se déclarent influencées par les attitudes de leur famille envers les médicaments. En cas de culture familiale négative à l'égard des médicaments, ces patientes sont moins susceptibles de commencer le traitement ;
  • les expériences passées de membres de la famille qui ont déjà pris du tamoxifène et le succès/échec du traitement joue également dans la décision ;
  • enfin, l’enquête révèle de multiples réactions émotionnelles au risque de cancer qui pèsent également lourdement dans la décision : ces réactions émotionnelles comprennent l'anxiété, la peur, le déni et le sentiment de perte contrôle face à la maladie.

 

 

3 conclusions avec de multiples implications cliniques :

  1. l’adhésion au traitement préventif par tamoxifène reste faible en pratique clinique : des améliorations considérables dans la prévention chez ce groupe de patientes peuvent être encore accomplies ;
  2. les facteurs sociodémographique ne semblent pas jouer dans cette adhésion ou non, au traitement préventif : cela suggère que la thérapie préventive du cancer du sein est peu susceptible de créer des inégalités socioéconomiques dans l'incidence du cancer lui-même ;
  3. enfin, la prise de décision des patientes relève de priorités familiales plus que de preuves médicales.

 

 

Ces données soulignent la nécessité d'une consultation approfondie pour ces patientes à risque élevé et d’une véritable discussion avec leur médecin, portant tout autant sur les enjeux médicaux que sur les perceptions des thérapies préventives.

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