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CANCER et CACHEXIE: Diagnostiquer la perte de poids, une course contre la montre

Actualité publiée il y a 2 années 10 mois 1 semaine
Clinical Nutrition

Cette équipe du Centre universitaire de santé McGill propose un outil pour diagnostiquer la cachexie, un affaiblissement grave, lié à une dénutrition très importante, associée au cancer et à d'autres maladies chroniques. Un outil, présenté dans la revue Clinical Nutrition, qui, espèrent les chercheurs canadiens, permettra aux médecins de diagnostiquer la cachexie avant qu'elle ne devienne irréversible et de pouvoir ainsi sauver de nombreuses vies.

Environ un tiers des patients atteints de cancer meurent à cause de la cachexie, une perte de poids involontaire, caractérisée principalement par une perte musculaire et des changements métaboliques, qui ne peuvent être traités uniquement avec une augmentation de l'apport alimentaire ou une supplémentation nutritionnelle. La cachexie va ainsi bien au-delà de la perte de poids et représente toujours un défi pour les cliniciens. De plus, la maladie est souvent associée à une mauvaise réponse aux traitements oncologiques, à une augmentation des hospitalisations et à un fardeau important pour les aidants familiaux. Pourtant, la cachexie reste encore insuffisamment prise en charge dans de nombreux centres et services d'oncologie. Faute de traitement adapté, les patients atteints vont connaître un déclin de leur santé globale, souvent irréversible. Le Dr Antonio Vigano, auteur principal et Directeur du Programme de réadaptation du cancer au Centre McGill témoigne : « Plus nous attendons pour prendre en charge la cachexie, plus elle devient difficile à traiter. Pouvoir la diagnostiquer de manière précoce peut faire une énorme différence pour le pronostic d'un patient atteint de cancer et sa qualité de vie. Cependant, il y a un manque d'outils pratiques utilisables facilement par les cliniciens en pratique courante pour identifier les patients atteints ».


Ce nouvel outil de diagnostic est basé sur 5 mesures cliniques simples et tests de laboratoire courants : biochimie (leucocytes, hypoalbuminémie, anémie), apport alimentaire (normal / diminué), perte de poids, performance …il pourrait également être utilisé pour d'autres maladies chroniques, comme le SIDA, la bronchopneumopathie chronique obstructive, la sclérose en plaques, l'insuffisance cardiaque chronique, la tuberculose ...Testé chez 297 patients, l'outil a permis de répartir les participants en 4 groupes, « non-cachexie », « pré-cachexie », « cachexie » et « cachexie réfractaire », ce « classement » étant confirmés par la gravité des symptômes, les changements dans la composition corporelle, les niveaux fonctionnels, les hospitalisations et les taux de survie.

L'équipe poursuit actuellement des recherches pour développer des traitements contre la cachexie. Mais les chercheurs précisent que ces traitements ne seront utiles que si les médecins peuvent diagnostiquer la maladie et en évaluer la sévérité.

Nov, 2016 DOI: 10.1016/j.clnu.2016.09.008 Use of routinely available clinical, nutritional and functional criteria to classify cachexia in advanced cancer patients

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