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CANCER et risque accru de forme sévère de COVID-19

Actualité publiée il y a 12 mois 4 jours 14 heures
JNCI Cancer Spectrum
Les patients atteints d'un cancer « inactif », ou en rémission, et ne suivant actuellement aucun traitement sont également confrontés à un risque significativement plus élevé de forme sévère de COVID-19 (Visuel Fotolia 147936131)

Une première étude de la Penn Medicine, à paraître dans le JNCI Cancer Spectrum, sensibilise au fait que les patients atteints d'un cancer « inactif », ou en rémission, et ne suivant actuellement aucun traitement sont également confrontés à un risque significativement plus élevé de forme sévère de COVID-19. Une autre étude en prépublication, révèle que les patients cancéreux suivant des soins nécessitant des visites en établissement n’encourent qu’un risque extrêmement faible d'infection au COVID-19 si les mesures de distanciation sociale sont bien respectées. Ces données qui s’ajoutent à celles d’études précédentes suggérant un risque accru de forme grave et de décès chez les patients cancéreux malades ou hospitalisés atteints de COVID-19, appellent donc à la poursuite « normale » des traitements durant cette période de pandémie.

 

En pratique, l’équipe de l’École de médecine de l'Université de Pennsylvanie souligne l’importance des mesures de prévention contre COVID-19, en particulier de la vaccination, pas seulement pour les patients atteints et traités pour un cancer, mais tout autant pour les patients en rémission ou avec un cancer sans progression. De plus, les chercheurs insistent : « Les patients atteints de cancer doivent faire attention de ne pas être exposés pendant cette période ». L'auteur principal, le Dr Kara N. Maxwell, professeur d'hématologie-oncologie et de génétique à la Perelman School of Medicine de l'Université de Pennsylvanie ajoute : « ces dernières découvertes nous montrent que ce ne sont pas seulement les patients hospitalisés ou sous traitement pour leur cancer qui sont à risque accru ».

« Tous les patients en oncologie doivent prendre des précautions importantes pendant la pandémie »

Ces conclusions sont issues de l’analyse des dossiers de plus de 4.800 patients qui avaient été testés pour le COVID-19 et de l'association entre le statut de cancer et le COVID-19 :

  • sur 328 cas positifs recensés dans l’échantillon à j juin 2020, 67 soit 20,7% avaient reçu un diagnostic de cancer dans leurs antécédents médicaux (80,6% avec une tumeur maligne solide et 73,1% avec un cancer inactif) ;
  • les patients avec cancer et COVID-19, dont ceux atteints d'un cancer actif (n=18) mais également inactif (n=49) encourent un risque d'hospitalisation plus élevé (55%) que les patients non cancéreux (29%) ;
  • un risque d’admission en USI plus élevé (26%) que les patients non cancéreux (12%) ;
  • un risque de décès plus élevé (13%) que les patients non cancéreux (2%) ;
  • les résultats les plus négatifs sont constatés chez les patients atteints d'un cancer actif, cependant les patients en rémission sont également confrontés à un risque accru de forme sévère vs patients COVID-19 sans cancer ;
  • les minorités ethniques encourent également un risque accru de forme sévère de COVID-19 et de résultats négatifs, avec et sans diagnostic de cancer, passé ou présent.

 

Cancer et risque accru de complications de COVID-19 : des études montrent que les patients cancéreux ont un risque plus élevé de complications du COVID-19, en partie en raison de facteurs tels que l'âge avancé, le tabagisme, les comorbidités, les expositions fréquentes aux soins de santé et les thérapies anticancéreuses. Ces derniers résultats suggèrent également que le cancer lui-même et son impact sur le corps jouent un rôle clé dans l'exacerbation de la maladie COVID-19.

"Le cancer est bien un facteur de risque indépendant de mauvais résultats du COVID-19",

concluent les chercheurs.

 

Poursuivre ses soins normalement n'entraîne aucun risque supplémentaire : une seconde étude de la Penn Medicine, publiée sur le serveur de pré-impression bioRxiv et non encore évaluée par des pairs, rapporte que les patients cancéreux recevant des soins par visites à l’hôpital ont un risque extrêmement faible d'infection au COVID-19. Sur 124 patients de l'étude recevant ce type de traitement, aucun des participants n'a été testé COVID-positif après un grand nombre de visites cliniques (en moyenne 13 par patient). Ces données sont primordiales car elles confirment que les mesures de prévention à l’hôpital et de distanciation sociale en dehors du cadre de soins de santé, permettent de bien protéger les patients cancéreux plus vulnérables à l'infection COVID-19, même lorsque des traitements immunomodulateurs contre le cancer sont en cours et lorsque l’exposition aux soins est fréquente.

 

C’est donc un appel à la prudence mais aussi à l'observance normale des traitements anticancéreux en cours à l’hôpital, en cette période de pandémie.

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