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CANCER : Les promesses de l’antidépresseur sertraline (Zoloft)

Actualité publiée il y a 1 année 1 mois 4 semaines
Molecular Cancer Therapeutics
Chez l'animal, l'antidépresseur apparaît efficace contre certains types de cancer dépendants de la synthèse de sérine et de glycine, dont la leucémie à cellules T (Visuel Adobe Stock 202780589)

Les temps sont définitivement au repositionnement de médicaments existants, et cette fois, c’est un antidépresseur bien connu, la sertraline (Zoloft®) qui démontre sa capacité à inhiber la croissance des cellules cancéreuses. La démonstration faite ici, par une équipe de pharmacologues de la Katholieke Universiteit Leuven (KU Leuven), in vivo chez des modèles animaux et présentée dans la revue Molecular Cancer Therapeutics, révèle une nouvelle cible prometteuse, un mécanisme dont les cellules cancéreuses sont dépendantes pour leur croissance.

 

La recherche montre ainsi chez l’animal – mais également in vitro- que l'antidépresseur sertraline agit directement sur une dépendance métabolique qui permet à différents types de cancer de se développer. C’est l’un des différents mécanismes biologiques utilisés par les différents cancers pour stimuler leur croissance. Dans certains types de cancer du sein, de leucémie, de cancer de la peau, de tumeurs cérébrales et de cancer du poumon, entre autres, les cellules malignes produisent de grandes quantités de 2 acides aminés, la sérine et la glycine. Cette production stimule la croissance des cellules cancéreuses à tel point qu'elles deviennent dépendantes de la sérine et de la glycine.

Cibler la dépendance des cellules cancéreuses à 2 acides aminés

« Ce mécanisme apparaît comme une cible prometteuse car les cellules cancéreuses en sont dépendantes alors que les cellules saines n’utilisent ce mécanisme que dans une moindre mesure », explique l’auteur principal, le Pr Kim De Keersmaecker, chef du Laboratoire des mécanismes du cancer à la KU Leuven. En stoppant la production de ces 2 acides aminés, il semble donc possible de lutter contre le cancer sans affecter les cellules saines.

 

In vivo, de la levure aux souris :

  • les scientifiques ont donc recherché une substance qui influence la synthèse de la sérine et de la glycine à partir d’une base de données de médicaments existants. 1.600 substances ont ainsi été testées dans un premier temps sur des cellules de levure. En effet, certaines levures produisent ces acides aminés pour se protéger des antifongiques. Cette première étape a montré que l'antidépresseur sertraline était la substance la plus efficace.
  • D'autres expériences chez la souris modèle de cancer montrent que la sertraline inhibe la production de sérine et de glycine, entraînant une diminution de la croissance des cellules cancéreuses. Les scientifiques constatent que la substance est encore plus efficace en association avec d’autres agents thérapeutiques. Ainsi, chez les souris, la sertraline en combinaison avec une autre thérapie inhibe fortement la croissance des cellules cancéreuses du sein.

 

Un potentiel considérable : une fois ce mécanisme identifié chez la souris modèle de cancer du sein, les chercheurs ont regardé l’efficacité de la sertraline face à d'autres types de cancer également dépendants de la synthèse de sérine et de glycine. C'est par exemple le cas dans la leucémie à cellules T, mais aussi dans certains types de cancer du cerveau, du poumon et de la peau.

« Plus nous pourrons identifier de tumeurs sensibles à la sertraline, meilleures seront ses perspectives thérapeutiques ».

 

Ces résultats restent encore très préliminaires et des essais cliniques sont nécessaires pour les confirmer. Cependant, la promesse est là avec une molécule déjà connue, approuvée et éprouvée.

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