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CHIMIOTHÉRAPIE : La stimulation de la moelle épinière pour réduire les neuropathies

Actualité publiée il y a 1 année 1 mois 2 semaines
Neuromodulation Technology at the Neural Interface
Faire progresser l'utilisation de la stimulation de la moelle épinière pour le traitement de la douleur et du cancer liés à la chimiothérapie (Visuel Adobe Stock 86695267)

Cette nouvelle étude, menée à la Johns Hopkins Medicine, pourrait faire progresser l'utilisation de la stimulation de la moelle épinière pour le traitement de la douleur liée à la chimiothérapie et au cancer. Ces travaux, publiés dans la revue spécialisée "Neuromodulation Technology at the Neural Interface", pourraient ainsi contribuer à améliorer le traitement du cancer et conduire à la prévention et au traitement de la neuropathie périphérique induite par la chimio, un effet secondaire douloureux et trop courant chez les patients.

 

L’étude préclinique -menée chez un modèle animal- apporte les premières preuves de concept d’efficacité de cette stimulation de la moelle épinière (SCS : spinal cord stimulation) à réduire la douleur chronique chez les patients suivant un traitement actif avec un médicament anticancéreux courant. La SCS réduit ici de manière significative la réponse à la douleur chez des souris ayant reçu une greffe de tissu cancéreux de poumon humain sans compromettre l'efficacité du traitement au paclitaxel, un médicament utilisé pour traiter toute une variété de cancers.

Une nouvelle stratégie thérapeutique et prophylactique contre la neuropathie résultant du paclitaxel

La SCS est déjà utilisée, mais en dernier recours pour la gestion de la douleur chez les patients atteints de cancer, qui ne répondent à aucune autre forme de traitement, explique l’un des auteurs principaux, le Dr Eellan Sivanesan, professeur d'anesthésiologie et de médecine de soins intensifs à la Johns Hopkins University School of Medicine. Il suggère, avec cette étude, une utilisation plus large de la SCS pour prévenir ou réduire la douleur neuropathique associée aux chimiothérapies, et même plus tard, lorsque les patients sont en rémission.

« Il n'existe actuellement aucun traitement préventif efficace et fiable de la neuropathie.

La qualité de vie après le traitement est aussi une préoccupation croissante, la douleur débilitante et persistante restant souvent un problème ».

 

Comment ça marche ? La SCS fonctionne via l’implantation d’un petit générateur sous la peau qui envoie de faibles niveaux d'électricité à travers de minuscules fils plats ou des électrodes enfilées directement entre la moelle épinière et les vertèbres. Les patients peuvent envoyer eux-mêmes des impulsions électriques à l'aide d'une télécommande, en cas de douleur.

 

L’étude, menée sur des souris mâles adultes ayant reçu des greffes de cancer du poumon humain non à petites cellules, cultivées en laboratoire, a évalué régulièrement les comportements en réponse à la douleur, chaque semaine avec la croissance tumorale. L’analyse révèle que :

 

  • les souris traitées par SCS montrent des signes de diminution de la douleur, tels que mesurés par le temps de réponse aux stimuli ;
  • cela suggère une meilleure tolérance à la douleur neuropathique avec la SCS ;
  • la SCS semble, de plus, améliorer l'efficacité antitumorale du paclitaxel, ce qui apporte une preuve supplémentaire de son efficacité en tant que thérapie complémentaire de la chimiothérapie.

 

Prises ensemble, ces constatations soutiennent une utilisation plus large de la SCS pour prendre en charge la douleur liée au cancer et à la chimiothérapie.

 

« En dépit d’effets secondaires parfois sévères, le paclitaxel reste l'un des médicaments les plus efficaces pour traiter un large éventail de cancers. Cependant, la neuropathie peut devenir si lourde chez certains patients que le traitement doit être arrêté pour préserver la qualité de vie. L’étude montre que l'ajout de la stimulation de la moelle épinière aide non seulement à prévenir la douleur, mais rend également le traitement plus efficace. Cela pourrait changer la donne pour ces patients ».

 

Des recherches supplémentaires restent nécessaires avant que la SCS puisse être largement mis en œuvre en tant que traitement « compagnon » pour la gestion et la prévention de la douleur chez les patients recevant une chimiothérapie, avertissent les auteurs.


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