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CHIMIOTHÉRAPIE : Ses effets secondaires impliquent aussi le SNC

Actualité publiée il y a 4 mois 3 semaines 14 heures
PNAS
« Tracer » les circuits neuronaux jusqu'à la « constellation d'effets secondaires » de la chimiothérapie pour tenter d'effacer ces effets indésirables complexes (Visuel NIH)

« Tracer » les circuits neuronaux jusqu'à la « constellation d'effets secondaires » de la chimiothérapie, c’est l’entreprise de cette équipe de neurologues du Georgia Institute of Technologie qui identifie ainsi les voies neuronales à cibler, pour tenter d’effacer ces effets indésirables complexes. Ces travaux, publiés dans les Actes de l’Académie des Sciences américaine (PNAS), incitent à surveiller objectivement des aspects spécifiques du système nerveux pour détecter la présence d’effets hors cible. Au-delà, ils apportent l’espoir de traitements post-cancer permettant de restaurer les capacités sensorielles.

 

Les scientifiques Tim Cope et Nick Housley rappellent que ces effets secondaires de la chimiothérapie, peuvent, chez certains patients, induire une invalidité grave et persistante qui peut aller jusqu’à compromettre les bénéfices, pourtant vitaux, du traitement du cancer. La douleur et la fatigue - ainsi que les troubles sensoriels, moteurs et cognitifs font partie de cette « constellation d'effets secondaires » associée notamment aux agents à base de platine largement utilisés dans les traitements de chimiothérapie et dans le monde entier.

Des effets pas seulement liés à une « dégénérescence périphérique des neurones sensoriels »

Cette recherche identifie une toute nouvelle voie pour comprendre pourquoi ces symptômes débilitants surviennent chez les patients cancéreux et suggère de se concentrer sur tous les processus neuronaux possibles qui provoquent ces problèmes sensoriels ou moteurs dans le cerveau du patient, y compris dans le système nerveux central (SNC), et pas seulement la « dégénérescence périphérique des neurones sensoriels ».

 

« La chimiothérapie a sans aucun doute une influence négative sur le système nerveux périphérique, qui est souvent considéré comme le principal responsable des troubles neurologiques pendant le traitement du cancer », explique le Dr Nick Housley. Cependant, dit-il, pour que le système nerveux fonctionne normalement, le système nerveux périphérique et le système nerveux central doivent pouvoir coopérer. Cette coopération est rendue possible par la communication synaptique entre les neurones.

 

Grâce à une série d'études, les scientifiques montrent que ces plaques synaptiques, de la communication dans le système nerveux central sont également vulnérables aux effets indésirables du traitement du cancer. Des données qui impliquent pour la première fois, de

reconnaître et traiter de nombreux sites dans le système nerveux

pour corriger les conséquences neurologiques des traitements du cancer. « Corriger l’un sans l’autre, peut ne pas suffire à améliorer le fonctionnement et la qualité de vie ».

 

Une explication aux déficiences sensorimotrices de longue durée : jusque-là en effet, la recherche se concentrait sur la dégénérescence des neurones sensoriels périphériques. Cela explique la difficulté constatée, à expliquer et atténuer ces handicaps au plan clinique, expliquent les auteurs. En minimisant l'implication possible des processus neuronaux au sein du système nerveux central, il était impossible de corriger les dysfonctionnements du traitement de l'information localisé dans le SNC.

 

Les patients survivants du cancer considèrent l'incapacité sensorimotrice comme l’une des conséquences à long terme les plus pénibles de la chimiothérapie. Les troubles de la marche, de l'équilibre et de la motricité fine, sont généralement attribués à des dommages chimiotoxiques des neurones sensoriels périphériques. Ces travaux permettent ainsi une première compréhension mécaniste de ces troubles mais suggèrent aussi de nouvelles pistes thérapeutiques. Menés en particulier chez la souris « modèle de chimiothérapie (oxaliplatine) », à l’aide d'électrophysiologie, de tests de comportement et de modélisation, les expériences révèlent des décharges défectueuses de plusieurs classes de neurones sensoriels mais également des mécanismes défectueux au niveau de la moelle épinière.

 

En résumé, ces défauts séquentiels, périphériques et centraux se combinent pour « entraîner le circuit sensorimoteur dans un effondrement fonctionnel » qui a pour conséquence cette incapacité sensorimotrice induite par le traitement du cancer. Ces données ont des implications sur la gestion pratiques et cliniques des effets neurologiques du traitement du cancer : elles expriment le besoin urgent de développer conjointement des tests cliniques quantitatifs capables d'identifier les parties du système nerveux du patient affectées par son traitement.

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