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CICATRICE CHÉLOÏDE: Les promesses de la voie moléculaire

Actualité publiée il y a 1 année 11 mois 4 semaines
ASD

Défigurantes ou simplement désagréables sur le plan esthétique, les cicatrices entraînent chez certains patients une véritable détresse émotionnelle pouvant mener à une forte dégradation de la qualité de vie jusqu’à des complications mentales sévères, le syndrome de stress post-traumatique et la perte d'estime de soi. La déformation physique résultant de contractures de cicatrices cutanées peut également être fonctionnellement invalidante. Ces travaux de chercheurs de l’Oklahoma sur le processus de formation des cicatrices au niveau moléculaire, montrent que toute l’influence des gènes sur la cicatrisation des plaies.

Les cicatrices peuvent être une grande source d'angoisse mentale et/ou émotionnelle, c'est pourquoi de nombreuses équipes de recherche travaillent aux moyens de prévenir ou minimiser l'apparence des cicatrices. Les meilleurs soins de plaie et dispositifs de pansements possibles ainsi que les mesures de prévention d'usage ne peuvent permettre d'éviter la formation de cicatrice. L'objectif de cette nouvelle étude est donc d'explorer et d'avancer dans la compréhension de la cicatrisation et de la formation des cicatrices.


En se concentrant d'abord sur le collagène, une protéine importante pour la régénération des tissus, la première constatation des chercheurs est que l'objectif d'accélération de la cicatrisation peut être contradictoire avec une régénération harmonieuse des tissus : l'exemple est donné avec les animaux qui se régénèrent (comme le lézard par exemple) mais très lentement, pour finalement auto-remplacer avec succès le tissu ou le membre perdu.

La molécule clé PDGF : Intervient ici le facteur de croissance dérivé des plaquettes (PDGF ou Platelet-Derived Growth Factor) qui régule la croissance cellulaire et la division. Car la molécule joue un rôle uniqueet clé dans le soin et la cicatrisation des plaies : si elle contribue au processus de guérison, en excès elle favorise le développement des cicatrices. L'équipe a donc émis l'hypothèse que la solution était probablement dans l'équilibrage de la libération de PDGF, qui permettrait à la fois d'assurer une cicatrisation suffisamment rapide mais sans formation de tissu cicatriciel. Leur recherche se concentrera sur l'analyse moléculaire qui pourrait un jour conduire à des thérapies ou des options de médicaments à venir.

Une autre enzyme clé, LOX : l'enzyme « lysyl oxydase a en effet démontré sa capacité d'empêcher les cicatrices chéloïdes de se former. Documentée au départ par une étude, publiée en 2015 dans le Journal of Biological Chemistry, l'enzyme LOX régule le développement des excroissances tissulaires lors du processus de scarification. Des inhibiteurs possibles de LOX sont en cours de test.

L'identification de ces 2 protéines clés ouvre ainsi une nouvelle voie de recherche, génétique, pour prévenir et réduire les cicatrices. Dans l'attente d'applications cliniques, il reste le massage, mais dont l'efficacité reste discutée.

Masser la cicatrice ? Comme le soulignent les National Institutes of Health, l'American Society for Dermatologic et différentes équipes de recherche, le massage à la vaseline ou avec la vitamine E et sous condition du conseil d'un praticien, peut, parfois, avoir un effet positif, une fois la cicatrice formée. Une méta-analyse présentée dans la revue Dermatologic Surgery évalue ainsi les données de 10 études différentes ayant testé le massage des cicatrices chez un total de 144 patients. L'analyse conclut à de très faibles preuves d'efficacité du massage à réduire l'apparence des cicatrices. Les chercheurs concluent ainsi : « Bien que son efficacité semble être plus importante sur les cicatrices post-op que sur les cicatrices traumatiques, son efficacité reste anecdotique et peu soutenue par des preuves scientifiques ».

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