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COLOCATOME : Comment le microenvironnement cellulaire influence la tumeur

Actualité publiée il y a 1 année 2 semaines 6 jours
Nature Communications
« Comprendre la biologie tumorale ne se limite pas aux cellules cancéreuses ; c'est tout un écosystème qui doit être étudié. Les cellules cancéreuses ont besoin d'aide pour survivre, résister, prospérer et parfois même pour mourir ». (Visuel Adobe Stock 653050887)

Pour mieux comprendre comment le microenvironnement tumoral influe sur la croissance du cancer, ces chercheurs de la Stanford Medicine, ont développé une sorte de catalogue, le « colocatome », qui répertorie l’influence, considérable et complexe, des cellules voisines saines sur la trajectoire tumorale. Ces travaux, présentés dans la revue Nature Communications, ouvrent un nouveau paradigme : « Comprendre la biologie tumorale ne se limite pas aux cellules cancéreuses ;

c'est tout un écosystème qui doit être étudié. 

Les cellules cancéreuses ont besoin d'aide pour survivre, résister, prospérer et parfois même pour mourir ».

 

« Toutes les cellules d'une tumeur ne sont pas cancéreuses », relève ainsi l’un des auteurs principaux, le Dr Sylvia Plevritis, directrice du département de science des données biomédicales de Stanford Medicine : « Les cellules cancéreuses ne constituent même pas toujours le type cellulaire dominant et il existe de nombreux autres types cellulaires qui soutiennent les tumeurs ».

 

De précédentes recherches ont révélé de fortes interactions entre les fibroblastes et les cellules cancéreuses, mais la manière exacte dont les fibroblastes interagissent avec les cellules cancéreuses est restée incomprise. Des cellules cancéreuses du poumon meurent lorsqu'elles sont exposées à un médicament antitumoral, mais avec des fibroblastes en plus ce n’est pas le cas. C’est une première illustration de l’importance du microenvironnement tumoral.

L’étude aboutit au développement d’un système appelé « colocatome » 

(prononcé co-loca-tome), qui, en pratique, commence à documenter les interactions entre les cellules malignes et leurs voisines. Ce système confirme que les cellules cancéreuses sont étonnamment dépendantes de leur microenvironnement mais illustre aussi comment. Selon la localisation, le type et la quantité de cellules non cancéreuses entourant la tumeur, le comportement et la trajectoire de la tumeur peuvent changer : que ce soit par une croissance plus rapide, une sensibilité réduite aux médicaments ou un métabolisme cellulaire accru.

 

Qui aime qui ? Qui n'aime pas qui ? Le colocatome vise à répertorier quelles cellules ont tendance à être ensemble et lesquelles sont rarement ensemble, quelles sont les cellules qui s'attirent sont dites « colocalisantes » et quelles sont celles qui se repoussent. Ces colocalisations sont ensuite liées aux caractéristiques du cancer – agressif, stable, sensible ou résistant aux traitements – et viennent nourrir le colocatome.

 

A partir de modèles expérimentaux de cancer du poumon, l’équipe a utilisé l'intelligence artificielle pour analyser, identifier les cellules non cancéreuses et leur organisation au sein et autour des cellules tumorales. Ces colocalisations ont été rapprochées des données de biopsies tumorales de patients. Après avoir cartographié des centaines de configurations cellulaires, cette analyse suggère que

 

  • la majorité des colocalisations dans les tumeurs primaires sont reproduites dans les modèles expérimentaux ;
  • cela signifie en clair que ces modèles de laboratoire constituent une représentation précieuse et fidèle de ce qui se passe chez les humains atteints de cancer.

 

Cette nouvelle compréhension des configurations cellulaires et de leurs effets sur la tumeur va aider les médecins à comprendre pourquoi certains cancers persistent après le traitement. En pratique clinique, le colocatome pourra fournir des informations qui guideront le traitement du cancer de manière personnalisée pour chaque patient. 

 

Enfin, l'IA va permettre d’identifier des motifs spatiaux spécifiques et toujours plus nombreux, représentatifs des différents états cellulaires de différents cancers.

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