Comment l’USAGE de SUBSTANCES précipite le vieillissement cérébral
Ces neuroscientifiques de de l'Université du Texas (UTHealth) Houston identifient ici les voies moléculaires spécifiques par lesquelles l’usage de substances aussi variées que l'alcool, les opioïdes et les stimulants accélèrent le vieillissement biologique du cerveau. La découverte de ces mécanismes biologiques uniques responsables du vieillissement prématuré associé aux troubles liés à la consommation de substances, documentée dans la revue Genomic Psychiatry, implique l’inflammation mais aussi la dysfonction mitochondriale.
La recherche, qualifiée de révolutionnaire contribue à expliquer expliquant pourquoi les personnes atteintes de troubles liés à la consommation de substances présentent souvent des maladies liées à l'âge à apparition précoce.
L’un des auteurs principaux, le Dr Kluwe-Schiavon de l’UTHealth explique : « Notre étude est la première à examiner le vieillissement cérébral accéléré dans les troubles liés à l'usage de substances à l'aide d'horloges épigénétiques spécialement conçues pour les tissus cérébraux ».
Découverte de mécanismes de vieillissement spécifiques à certaines substances
L'étude analyse le tissu cérébral de 58 donneurs atteints de troubles liés à l'usage de substances afin d’identifier des différences de vieillissement à l'aide de ces horloges épigénétiques spécialisées (DNAmClockCortical, CerebralCortexClockcommon et PCBrainAge). Ces horloges permettent d’obtenir une évaluation plus précise du vieillissement neuronal. L’équipe s’est concentrée sur le cortex préfrontal dorsolatéral, une région cérébrale essentielle à la prise de décision et au contrôle exécutif, particulièrement vulnérable à la dépendance.
L’examen des tissus cérébraux post-mortem ainsi que des analyses sophistiquées de l'expression génétique, a permis à l’équipe d’identifier des signatures moléculaires spécifiques associées au vieillissement accéléré dans différents troubles liés à la consommation de substances :
- les différentes substances accélèrent le vieillissement cérébral par des voies biologiques distinctes ;
- dans l’alcoolodépendance, une altération de l'expression des gènes impliqués dans la phosphorylation des protéines, la transduction du signal et la fonction des synapses glutamatergiques est observée ;
- dans le trouble lié à la consommation d'opioïdes, la régulation transcriptionnelle, le neurodéveloppement et les processus immuno-inflammatoires sont identifiés comme les principaux mécanismes impliqués dans le vieillissement accéléré ;
- dans le trouble lié à la consommation de stimulants, ce sont des schémas distincts liés au stress oxydatif, aux réponses hypoxiques et aux voies d'adhésion cellulaire qui sont identifiés.
« Nous avons découvert que le vieillissement accéléré lié aux troubles liés à la consommation de substances n'est pas un processus uniforme. Chaque substance semble détourner le rythme naturel de vieillissement du cerveau par des mécanismes moléculaires uniques ».
Des voies de vieillissement communes à différents types de substances : parmi les mécanismes biologiques communs à tous ces troubles,
- la neuroinflammation,
- le stress oxydatif,
- le dysfonctionnement mitochondrial,
jouent un rôle crucial dans le vieillissement accéléré.
La fonction mitochondriale, véritable moteur de la cellule, est essentielle au maintien de l'homéostasie énergétique cellulaire et à la régulation des réponses au stress oxydatif. Lorsque la consommation de substances perturbe la fonction mitochondriale, cela accélère le vieillissement biologique du tissu nerveux.
Ainsi, la consommation de substances est bien un accélérateur de neurodégénérescence.
Cette nouvelle perspective a des implications sur la façon de concevoir le traitement et le rétablissement des addictions et ouvre un nouveau « domaine », celui de la
« psychiatrie du vieillissement chez les jeunes ».
Ces premières conclusions appellent enfin à des études longitudinales qui suivent les individus pendant l'abstinence, la rechute, la rémission et le déclin et puissent commencer à répondre à de nombreuses questions :
pourquoi certains cerveaux vieillissent-ils plus rapidement que d'autres dans des conditions pharmacologiques similaires ? Existe-t-il des signatures génomiques prédisposantes qui rendent certains individus biologiquement plus vulnérables au vieillissement induit par les substances ?
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