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COVID-19 : Certains sujets jamais infectés ont déjà une immunité

Actualité publiée il y a 5 mois 4 jours 3 heures
Science
Les chercheurs britanniques viennent en effet de détecter, chez un petit nombre de sujets jamais infectés par le virus SARS-CoV-2 des anticorps protecteurs contre le COVID (Visuel Adobe Stock 336028368).

Cette étude du Francis Crick Institute (Londres) et de l'University College London (UCL) est surprenante et lourde d’implications concernant la pandémie COVID-19 actuelle. Les chercheurs britanniques viennent en effet de détecter, chez un petit nombre de sujets jamais infectés par le virus SARS-CoV-2 des anticorps protecteurs contre le COVID. Ces données, présentées dans la revue Science, interrogent sur les sources de cette immunité préexistante, « de novo » (et probablement croisée), et sur l’opportunité de développer un vaccin à partir des anticorps de ces personnes naturellement protégées.

 

Ainsi, les chercheurs identifient 16 adultes sur les 302 participants de leur étude soit 5,3%, porteurs d’anticorps IgG. De plus, cette immunité préexistante semble encore plus fréquemment ancrée dans une cohorte supplémentaire d'enfants et d'adolescents non infectés par le SRAS-CoV-2 (âgés de 1 à 16 ans) : 21 des 48 jeunes participants, soit 43,8%, présentent des niveaux détectables d'anticorps IgG anti-SARS-CoV-2.

Ces premiers résultats pourraient contribuer à expliquer la vulnérabilité plus élevée au COVID-19 chez les plus âgés.  

L'hypothèse d'une immunité croisée vs coronavirus et d'un vaccin "universel"

Mais « d’où viennent » ces anticorps ? Les auteurs suggèrent qu’ils auraient été « probablement générés lors d'infections saisonnières antérieures à coronavirus (provoquant des symptômes de type rhume) puis ont réagi de manière croisée avec la sous-unité S2 du complexe protéique de pointe SRAS-CoV-2 ». Cette hypothèse interroge sur un niveau de protection éventuel contre SARS-CoV-2 lié à l'immunité préétablie contre les coronavirus saisonniers.

 

Une immunité « croisée » déjà suggérée : une étude d’une équipe du La Jolla Institute (Californie) avait en effet détecté une réactivité croisée substantielle chez les individus non exposés. Cependant, a contrario, d’autres études ont aussi suggéré que ce type d’immunité n'est pas suffisamment protectrice ni durable.

En utilisant une technique de cytométrie en flux, l’équipe constate que cette immunité contre SRAS-CoV-2 chez ces sujets non infectés est principalement constituée d’anticorps de la classe IgG plutôt que d’anticorps IgM ou IgA . Ces anticorps ciblent la protéine virale S2, responsable de l'entrée du virus dans les cellules et on pense que sa structure est plus proche de celle de la protéine S retrouvée dans d’autres coronavirus.

Pour rappel, les personnes infectées par le SRAS-CoV-2 développent des anticorps IgA, IgG et IgM, qui peuvent cibler à la fois les sous-unités S1 et S2.

 

De premières preuves in vitro de la capacité protectrice de ces anticorps : dans les expériences de culture cellulaire, les sérums d'individus non infectés (plus âgés et plus jeunes) porteurs d’anticorps réactifs confirment leur la capacité à neutraliser le virus, alors que les sérums de patients non infectés dépourvus d'anticorps réactifs croisés n’ont pas cette activité neutralisante.

 

La prochaine étape va donc consister à explorer plus avant les anticorps ciblés sur le sous-type S2 qui sont conservés en réponse à plusieurs coronavirus avec l’espoir d’un vaccin « universel » contre les coronavirus ?