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COVID-19 : C’est le stress post-traumatique pour 5 % des personnels de santé

Actualité publiée il y a 1 semaine 3 jours 20 heures
Journal of Psychiatric Research
La prévalence des problèmes de santé mentale sera lourde et durable pour la profession (Visuel Adobe Stock 330764639)

Cette recherche menée à Université de Syracuse apporte un nouveau bilan des effets dramatiques de la pandémie sur les professionnels de santé de première ligne. Ce « bilan mental » met en lumière la prévalence très élevée du syndrome stress post-traumatique (SSPT), un effet jusque-là moins documenté que l’épuisement professionnel. Ce rapport, proposé dans le Journal of Psychiatric Research précise qu’au-delà du diagnostic formel de SSPT chez ces personnels de santé, la prévalence des problèmes de santé mentale sera lourde et durable pour la profession.

 

« L'impact de la pandémie sur la santé mentale chez les personnels de santé de première ligne va bien au-delà de l'épuisement professionnel », écrit l’auteur principal, Bryce Hruska, professeur adjoint de santé publique au Falk College de l'Université de Syracuse, dont l’étude a pris en compte non seulement les niveaux élevés de symptômes indiquant un diagnostic clinique, mais aussi les symptômes « subcliniques ».

Des symptômes subcliniques courants mais négligés

Ces symptômes font référence à des symptômes psychiatriques qui ne sont pas évalués comme suffisamment graves pour être considérés comme indicatifs d'un diagnostic clinique. Cependant, leur prévalence s’avère ici considérablement élevée. L’étude révèle toute l'importance des niveaux de symptômes de SSPT inférieurs au seuil de diagnostic clinique, chez ces professionnels de santé des urgences notamment, de décembre 2020 à février 2021.

 

Et ce n’est pas fini : « l’étude capture ce que les professionnels de santé de première ligne ont vécu pendant la deuxième vague de la pandémie et continuent de vivre alors que COVID approche du début de sa quatrième année ».

 

  • 5,5 % des professionnels de santé répondent aux critères d'un SSPT probable ;

  • plus de la moitié des professionnels de santé, précisément 55,3 %, en présentent les symptômes, mais avec un degré de sévérité inférieur au seuil ;
  • cela suggère que bien que ces personnels ne signalent pas obligatoirement ces symptômes indiquant un diagnostic clinique de SSPT, ils en ressentent pour la plupart les effets.
  • les professionnels présentant ces symptômes cliniques ou « subcliniques » ont également un risque accru de 88 % de symptômes de santé physique (autodéclarés) dont une grande fatigue, un changement notable du poids corporel, une perte d'énergie, des maux de tête…
  • un risque également accru de 36 % de troubles du sommeil dont la somnolence diurne et une difficulté de fonctionnement, deux états qui peuvent obérer la qualité de vie mais aussi la qualité des soins.

 

Les auteurs tirent le signal d’alarme, qualifiant le manque de prise en compte de ces symptômes de « grave oubli » car « ces niveaux de symptômes inférieurs au seuil sont courants et induisent souvent le risque d'autres problèmes de santé ».

 

« Ainsi, alors que le monde essaie de sortir de la pandémie, la santé mentale de nos professionnels de santé est toujours aussi fragile et tout autant menacée ».

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