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COVID-19 : Incidence double des arrêts cardiaques à Paris durant la pandémie

Actualité publiée il y a 1 mois 1 semaine 5 jours
The Lancet Public Health
L’incidence des arrêts cardiaques hors hôpital a doublé durant la pandémie, pourquoi ? (Visuel AdobeStock_334249930)

Cette équipe de scientifiques d’instituts de recherche français et de cliniciens de services de Rythmologie et de Cardiologie (Inserm, Hôpital Européen Georges Pompidou) qui a regardé les effets indirects du confinement sur l’incidence et les résultats des arrêts cardiaques survenus hors hôpital, sur 6 semaines de période pandémique, à Paris en en région parisienne, conclut à la fois à une hausse d’incidence et à une forte dégradation des résultats de santé chez ces patients. Cette étude observationnelle, présentée dans le Lancet Public Health, interroge sur les effets collatéraux du confinement et sur les efforts nécessaires d’adaptation des services de santé aux situations d’urgence sanitaire.

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Au-delà et jusque-là, les analyses de mortalité et de résultats de santé liés à la situation de pandémie COVID-19 n’ont pas encore consolidé toutes les données de suivi des patients en ville et à domicile. Cet effort sera pourtant nécessaire, soulignent les chercheurs, pour évaluer et intégrer les effets indirects du confinement en Santé publique, et plus généralement les effets indirects des changements de mode de vie et de la réorganisation des systèmes de santé. Ici, l’équipe française se concentre sur l'incidence et les résultats des arrêts cardiaques hors hôpital en région parisienne et durant 6 semaines de pandémie. On sait que l’arrêt cardiaque prive le cerveau d’oxygène et que non traité ou trop tardivement, il entraîne la mort.

(The Lancet Public Health)

Une multiplication par 2 transitoire de l'incidence des arrêts cardiaques

C’est la principale conclusion de cette analyse, un doublement de l’incidence des arrêts cardiaques hors hôpital, qui s’accompagne d’une forte réduction de la survie- en comparaison de périodes équivalentes sur des années précédentes sans pandémie. Précisément, cette étude observationnelle a porté sur l’incidence et les résultats des arrêts cardiaques non traumatiques sur une période de 6 semaines au cours de la pandémie chez les adultes vivant à Paris et en banlieue en regard des données moyennes, en population générale, des arrêts cardiaques non traumatiques recensées depuis le 15 mai 2011 à Paris et sa banlieue (base de données des Pompiers de Paris et bases hospitalières). Les chercheurs ont comparé 521 arrêts de la période pandémique (du 16 mars au 26 avril 2020) à la moyenne des périodes équivalentes non pandémiques (semaines 12-17, 2012-19). L’analyse montre que :

  • l'incidence hebdomadaire maximale des arrêts cardiaques hors hôpital est passée de 13 à 26/million d'habitants (p <0 · 0001),
  • cette incidence est revenue à la normale dans les dernières semaines de la période pandémique ;
  • le taux d’arrêts cardiaques à domicile a augmenté durant le confinement ;
  • moins de réanimations cardiorespiratoires et de défibrillations ont été pratiquées durant la période pandémique ;
  • les délais d'intervention des secours se sont allongés (10,4 mn vs 9,4 mn) ;
  • le taux de survie à l’admission est passé de 22,8% à 12,8% pendant la période pandémique ;
  • les auteurs estiment que l'infection au COVID-19, confirmée ou suspectée, pèse pour environ un tiers de l'augmentation de l'incidence des arrêts cardiaques pendant la pandémie.

 

Ce doublement d’incidence et cette baisse spectaculaire du taux de survie à l’admission, bien qu’en partie liés à COVID-19, illustrent les conséquences sanitaires indirectes possibles à la fois de mesures telles que le confinement et de la submersion et réorganisation des services de santé en raison de la pandémie. Les chercheurs analysent les multiples raisons de ce constat, et évoquent les changements de comportement du public, la réorganisation du système de santé, la réduction de l’accès au médecin référent et/ou la réticence de consulter, la crainte de se présenter en service d'urgence, le report des consultations de suivi des patients à risque pré-existant, mais aussi l’augmentation du stress psychologique pendant la pandémie, plus largement la restriction de mouvements et le chagrin dû à la perte ou la maladie d’un proche.

 

Les chercheurs appellent ainsi à prendre en compte ces effets collatéraux lors de l'examen des données de mortalité et des stratégies de santé publique.

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