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COVID-19 : Le cas d'un patient doublement greffé du poumon

Actualité publiée il y a 6 mois 1 semaine 5 jours
European Journal of Anaesthesiology
Cette étude de cas, à paraître dans l’European Journal of Anaesthesiology décrit le parcours de soins d'un patient ayant reçu une double greffe du poumon, présentée comme la première et réalisée à l’Hôpital de Lisbonne (Visuel Fotolia)

Cette étude de cas, à paraître dans l’European Journal of Anaesthesiology décrit le parcours de soins d'un patient ayant reçu une double greffe du poumon, présentée comme la première et réalisée à l’Hôpital de Lisbonne. Le patient de 61 ans souffrait d'une insuffisance respiratoire sévère liée au COVID-19 ainsi que de nombreuses comorbidités. Ce rapport d’experts décrit le parcours « du combattant » suivi par ce patient, qui toujours 6 mois après la greffe, est encore loin d'être rétabli. Cette étude de cas qui illustre à l’aide de nombreuses données cliniques la sévérité possible et extrême dans certains cas de la maladie, incite bien évidemment à la prévenir, notamment par la vaccination.

Première transplantation pulmonaire réussie chez un survivant du COVID-19

au Centro Hospitalar Universitário Lisboa Central.

 

Janvier 2021 : un parcours difficile avec des complications diverses et mortelles commence dès l’hospitalisation : les poumons de ce patient ont été irrémédiablement endommagés par le COVID-19, précisent les médecins, lors de leur présentation de cas à la Réunion annuelle en ligne de la Société européenne d'anesthésiologie et de Soins intensifs (ESAIC). Le patient ayant des antécédents de dyslipidémie et de gastrite a été admis aux urgences avec une pneumonie liée à l’infection SARS-CoV-2. En dépit d’une assistance par ventilation, son état s’est dégradé avec comme signes, un essoufflement sévère, un manque d'oxygène et une défaillance pulmonaire. Le patient a donc été mis sous ECMO (oxygénation par membrane extracorporelleà), une technique qui permet de prendre complètement en charge la fonction pulmonaire. Le patient est resté ainsi 74 jours sous ECMO avant de passer à un autre dispositif un peu plus léger, ECCO2R (épuration extracorporelle du CO2), conçu pour éliminer le dioxyde de carbone mais ne fournissant pas un niveau d'oxygène aussi élevé. Durant ces 3 mois, le patient a développé de multiples infections, dont une pneumonie, une prostatite, des complications sanguines dont un trouble de la coagulation ainsi qu’une thrombopénie induite par l'héparine.

Environ 75 % des poumons du patient avaient été « fibrosés » par le COVID-19,

les scans montraient que les poumons étaient endommagés de façon permanente et ne se rétabliraient pas, commente l’un des auteurs, le Dr Carolina Almeida, anesthésiste au Centre hospitalier de Lisbonne.

 

Mai 2021, éligible à la greffe : le patient s'est qualifié pour la greffe en raison de son âge encore jeune, de sa résistance suffisante pour survivre à une procédure risquée, organe n'avait du bon état de ses autres organes. La greffe a été effectuée en mai, l’intervention a duré 7 heures et a nécessité 2 semaines de soins intensifs postopératoires.

 

Décembre 2021, soit environ 6 mois depuis la greffe, le rétablissement du patient est loin d'être complet. Si la fonction pulmonaire du patient est rétablie, si le patient n’a plus besoin d'oxygène pendant la journée, de nombreux défis sont apparus sur le chemin de la récupération, dont la fibrillation auriculaire, l’effondrement d’un poumon, un emphysème sous-cutané, un diabète de type 2 et plusieurs autres infections. Le patient est toujours en réadaptation pour améliorer sa mobilité, sa fonction pulmonaire et sa qualité de vie, et devra prendre plus d'une douzaine de médicaments pour le reste de sa vie pour prévenir le rejet d'organes et les infections.

 

Si le patient est rentré chez lui pour poursuivre sa rééducation près de sa famille, il lui a fallu « une énorme volonté pour surmonter tout ce qu'il a enduré, et l’équipe lui a redonné une chance de revivre et de retourner à sa vie d’avant". La greffe de poumon apparaît donc ici comme « un traitement salvateur pour un groupe soigneusement sélectionné de patients COVID-19 dont les poumons ont été irrémédiablement endommagés par le virus et qui sont suffisamment forts pour subir une transplantation chirurgicale majeure ».

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