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COVID-19 : L’urgence de soutenir le mental des ados

Actualité publiée il y a 8 mois 4 semaines 1 jour
C.S. Mott
3 parents sur 4 s’inquiètent de l’effet négatif du COVID sur les interactions sociales de leur adolescent (Visuel Adobe stock 375065941)

C’est un nouveau sondage du C.S. Mott Children's Hospital National de la Michigan Medicine. Et ses conclusions intéresseront les parents mais aussi les professionnels de santé et de l’éducation, quel que soit le pays considéré : près de la moitié des parents note chez leur enfant un nouveau problème de santé mentale ou une aggravation de l’état mental depuis le début de la pandémie. 3 parents sur 4 s’inquiètent de l’effet négatif du COVID sur les interactions sociales de leur adolescent.

 

Les adolescentes apparaissent plus susceptibles de développement ou d’ aggravation de symptômes dépressifs et d'anxiété que les garçons, révèle ce sondage qui sensibilise un peu plus à l’effet dramatique de la réduction des interactions sociales, nécessaires au bon développement psychique et cérébral à l’adolescence, sur la santé mentale et émotionnelle de ces jeunes. Pour les adolescents, la pandémie est synonyme d’école en distanciel, d’absence de temps partagé avec les amis et d'annulation des activités collectives comme le sport, les concerts ou les soirées.

Manque d’interactions sociales, peur de l’avenir mais aussi exposition accrue au stress parental, les facteurs se cumulent pour exacerber la fragilité émotionnelle de ce groupe d’âge.

Source CS Mott Poll

La distanciation a un impact considérable sur la santé mentale des jeunes

Principaux résultats du sondage, représentatif au niveau national (US) et basé sur les réponses de 977 parents d'adolescents âgés de 13 à 18 ans :

  • 46% des parents déclarent que leur adolescent a montré des signes d'un nouveau trouble de santé mentale ou une aggravation d’un trouble existant, depuis le début de la pandémie en mars 2020 ;
  • cette dégradation de la santé mentale est plus marquée chez les adolescentes : ainsi l’augmentation de l'anxiété / inquiétude est de 36% chez les filles vs 19% chez les garçons, de la dépression ou tristesse : 31% chez les filles vs 18 % chez les garçons ;
  • l’autonomie et sa recherche, naturelle à l’adolescence, « en a pris un coup » : « ces adolescents en âge d'être biologiquement prêts à rechercher l'indépendance ont été cloîtrés à la maison », explique l’auteur principal, le Dr Gary L. Freed, pédiatre ;
  • de nombreux adolescents ont subi des perturbations dans leurs routines : 1 adolescente sur 3 et 1 adolescent sur 5 ont connu un développement de troubles anxieux ;
  • la prévalence des troubles du sommeil a augmenté chez les adolescents : soit +24% pour les filles et +21% pour les garçons ;
  • d’autres comportements préoccupants progressent également, dont le rejet de la famille (14% et 13%) et les comportements agressifs (8% et 9%).

 

De nombreuses recherches montrent aujourd’hui cette progression de la dépression chez les adolescents pendant la pandémie associée aux peurs et incertitudes de cette génération, ainsi qu’aux niveaux élevés de stress parental, notent les chercheurs. Chez certains jeunes,

« La situation a exacerbé les problèmes de santé émotionnelle existants».

Les parents déclarent également un impact négatif croissant au fil du temps, ce qui suggère une urgence à développer de nouvelles interventions pour renouer avec la vie sociale. En attendant, les écrans et les réseaux sociaux apportent quelques compensations : 64% des adolescents communiquent par SMS, 56% utilisent les médias sociaux, 43% jouent en ligne, 35% parlent au téléphone quotidiennement.

 

Les interactions sociales sont un élément essentiel du développement pendant l'adolescence.  Les parents jouent un rôle clé durant cette période critique : ils doivent rester toujours à l’écoute, s’inquiéter de la santé et du moral de leur enfant, lui proposer de l’aide si besoin. Spontanément les parents d’adolescents ont développé de nouveaux comportements pour mieux faire face au mal-être de leurs enfants. Parmi ces comportements, les chercheurs proposent de :

  • assouplir les règles familiales
  • assouplir les restrictions sur les réseaux sociaux
  • encourager l'activité physique
  • permettre si besoin à l’adolescent de parler à un professionnel de la santé mentale
  • lui proposer de suivre une thérapie « de santé mentale » à distance
  • conserver une grande écoute, favoriser la communication mais aussi laisser de l'espace
  • favoriser de bonnes habitudes de sommeil
  • favoriser une routine saine et productive et prendre le temps de sortir …