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COVID-19 : Pour mieux infecter le virus détourne un peu d’immunité

Actualité publiée il y a 2 mois 2 semaines 4 jours
Cell
L'une des principales défenses de l'organisme contre les infections virales aide, en réalité, le virus à infecter ces cellules

Ces chercheurs de différents instituts prestigieux (Boston Children’s Hospital, Cambridge, Harvard, MIT) décryptent ici comment le nouveau coronavirus SRAS-CoV-2 pénètre dans les tissus respiratoires et détourne l'une de nos défenses immunitaires. Ces travaux, publiés dans la revue Cell, révèlent de façon inattendue que l'une des principales défenses de l'organisme contre les infections virales aide, en réalité, le virus à infecter ces cellules. Des données qui contribuent à expliquer aussi pourquoi certaines personnes sont plus vulnérables à l’infection COVID-19.

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Dès l’émergence du coronavirus en Chine, l’équipe de recherche, autour des Drs Ordovas-Montanes et Shalek, s’est mise à l’étude des différents types de cellules du système respiratoire et de l'intestin touchées par le virus. Puis, dès février, les chercheurs ont commencé à examiner les cellules de tissus tels que la muqueuse de la cavité nasale, les poumons et l'intestin, en fonction des symptômes signalés et des sites où le virus avait été détecté.

Le virus utilise les interférons pour multiplier les récepteurs lui permettant d'infecter les cellules

Quelles sont les cellules sensibles à COVID-19 ? De précédentes recherches ont déjà montré que SARS-CoV-2 utilise (comme le coronavirus « du » SRAS SARS-Cov) un récepteur appelé ACE2 pour pénétrer dans les cellules humaines, aidé par une enzyme appelée TMPRSS2. L’équipe s’est donc posé une question simple : quels sont les cellules -et les tissus- qui expriment à la fois ACE2 et TMPRSS2? Par séquençage d'ARN unicellulaire, une technique qui identifie les quelque 20.000 gènes qui sont « activés » dans les cellules individuelles, les chercheurs ont découvert que seul un petit pourcentage des cellules respiratoires et intestinales humaines, souvent bien en deçà de 10%, fabriquent à la fois ACE2 et TMPRSS2. Ces cellules se répartissent en trois types :

  1. les cellules caliciformes dans le nez qui sécrètent du mucus ;
  2. des cellules pulmonaires connues sous le nom de pneumocytes de type II qui aident à maintenir les alvéoles (les sacs où l'oxygène est absorbé) ;
  3. un type d’entérocytes qui tapissent l'intestin grêle et participent à l'absorption des nutriments.

Les chercheurs confirment également ces types de cellules « sensibles » chez des primates.

Première conclusion : de nombreuses lignées cellulaires respiratoires existantes peuvent ne pas contenir la combinaison « ACE2 et TMPRSS2 ».

Comment fonctionnent ces cellules sensibles à COVID-19 ? Y a-t-il un composant dans ces cellules critique pour le cycle de vie du virus ? Les scientifiques montrent ici que le gène ACE2, qui code pour le récepteur utilisé par le SRAS-CoV-2 pour pénétrer dans les cellules humaines, est stimulé par l'interféron, l'une des principales défenses de l'organisme lorsqu'il détecte un virus. L’interféron active le gène ACE2 à des niveaux plus élevés, ouvrant ainsi au virus de nouvelles portes d’entrée : « Or ACE2 est également essentiel pour protéger les patients de différents types de lésions pulmonaires et quand ACE2 est exprimé, c'est généralement une réponse productive. Mais nous montrons ici que le virus utilise ACE2 comme cible et qu’il exploiter cette réponse normalement protectrice ».

 

Quel effet des interférons en traitement de COVID-19 :  il n’est donc pas clair, écrivent les chercheurs, que les interférons, actuellement testés comme traitement pour COVID-19 aient des effets positifs ou au contraire indésirables : « Il se pourrait que chez certains patients, en raison du moment ou de la dose, l'interféron puisse contenir le virus, tandis que chez d'autres, l'interféron puisse accroître l’infection ».

 

Enfin, les recherches se poursuivent autour des inhibiteurs de l'ECA. Ces médicaments couramment utilisés pour traiter l'hypertension ont en effet été liés à des formes plus sévères de la maladie.  L’équipe travaille également sur la « tempête de cytokines », une réponse inflammatoire incontrôlée signalée chez des patients COVID-19 sévèrement atteints.