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COVID-19 : Pourquoi le port du masque généralisé peut freiner la pandémie

Actualité publiée il y a 5 mois 3 semaines 4 jours
Nature Medicine
Ces données interrogent sur le caractère tardif du ralliement de certains pays européens et des Etats-Unis à cette mesure de protection à l’efficacité, semble-t-il indiscutable.

Alors que des pays de plus en plus nombreux recommandent aujourd’hui le port généralisé du masque chirurgical pour contrer la propagation de l’épidémie COVID-19 associée au nouveau coronavirus SARS-CoV-2, cette étude de l'Université du Maryland et de l'Université de Hong Kong montre, dans la revue Nature Medicine, à quel point les masques peuvent limiter la propagation de nombreuses maladies infectieuses, dont la grippe, les rhinovirus et les coronavirus… Des données qui justifient, a posteriori, les usages et recommandations de Santé publique en vigueur dans des pays comme la Chine, Hong Kong et Singapour, et interrogent sur le caractère tardif du ralliement de certains pays européens et des Etats-Unis à cette mesure de protection à l’efficacité, semble-t-il indiscutable.  

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Car ici l’excrétion des virus par les participants puis leur dissémination dans l’environnement sont mesurées à l'aide d’une machine (« Gesundheit II »- voir Visuel 2) développée par l’équipe du Dr Don Milton de l'Université du Maryland. Ces expériences de laboratoire ne laissent plus aucun doute : les masques permettent de réduire considérablement les concentrations aéroportées de différents types de virus provenant de patients infectés.

L’excrétion des virus par les participants puis leur dissémination dans l’environnement sont mesurées à l'aide d’une machine « Gesundheit II »

Oui, les masques chirurgicaux peuvent aider à empêcher les personnes infectées de contaminer les autres

Depuis plusieurs semaines, « la question des masques trouble la société, dans de nombreux pays du monde. Les auteurs de cette étude sont en contact avec les autorités sanitaires américaines. Ce jour 4 avril 2020, les Centers for Disease Control and Prevention viennent de recommander le port généralisé, en population, des masques chirurgicaux, après avoir communiqué, ces dernières semaines, comme en France, sur l’inutilité de la mesure en dehors des milieux médicaux.

L'étude, menée avant l’émergence de la pandémie COVID-19, ne traite pas de la question de savoir si les masques chirurgicaux protègent les porteurs contre l'infection, mais suggère que les masques peuvent limiter le nombre de personnes infectées. Un avantage précieux alors que dans le cas du nouveau coronavirus, de nombreuses personnes infectées sont présymptomatiques ou asymptomatiques.

L’équipe avait déjà démontré, en 2013, que les masques chirurgicaux peuvent contribuer à limiter la transmission de la grippe. De précédentes études ont montré que le coronavirus et d'autres infections respiratoires se propagent principalement lors d'un contact étroit. La propagation de COVID-19 est aujourd’hui principalement documentée comme par de « grosses » gouttelettes excrétées par la toux ou les éternuements.

 

De minuscules gouttelettes aérosolisées aussi : L'étude va plus loin dans les modes de transmission : elle montre que de minuscules gouttelettes aérosolisées peuvent en effet se diffuser dans l'air. Cela signifie qu'il peut être possible de contracter COVID-19 non seulement en étant exposé à la toux d’une personne infectée mais aussi en inspirant simplement le souffle d'une personne à proximité qui est atteinte, qu'elle présente ou non des symptômes.

 

Les masques chirurgicaux bloquent une grande partie du virus en aérosol lors de son expiration, montrent ces expériences de laboratoire : la machine a comparé chez 246 personnes suspectées d'infections virales respiratoires, la quantité de virus exhalée avec et sans masque chirurgical.

  • chez 111 personnes infectées par le coronavirus et le virus de la grippe, les masques ont réduit considérablement le virus détectable dans les gouttelettes respiratoires et les aérosols. En revanche, les masques n'ont pas réduit les émissions de rhinovirus. Bien que l'expérience ait eu lieu avant la pandémie de COVID-19, les chercheutrs soulignent que le SARS-CoV-2 et les coronavirus saisonniers sont étroitement liés et ont une taille similaire.

« La capacité des masques chirurgicaux à réduire les coronavirus saisonniers dans les gouttelettes respiratoires et les aérosols implique que ces masques peuvent contribuer à ralentir la propagation de COVID-19 lorsqu'ils sont portés par des personnes infectées ».

Les chercheurs ajoutent, qu’au-delà de ses données objectives, en pleine pandémie,

le principe directeur doit être que même si les masques réduisent un peu la transmission, cela vaut la peine d'essayer.

 

Enfin, ces expériences suggèrent d'autres mesures efficaces telles que l'amélioration de la ventilation dans les lieux publics comme les épiceries, ou l'installation de lampes UVC près du plafond qui peuvent détruire les virus et les bactéries.