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COVID-19 : Quelle dose d’héparine en cas de trouble de la coagulation ?

Actualité publiée il y a 2 semaines 4 jours 10 heures
BMJ
La dose d'héparine « thérapeutique » capable de prévenir les décès dus au COVID-19 serait 4 fois supérieure à la dose « prophylactique » recommandée par l'OMS (Visuel Adobe Stock 316626144)

Chez les patients hospitalisés qui développent des troubles de la coagulation sanguine, la dose d'héparine « thérapeutique » capable de prévenir les décès dus au COVID-19 serait 4 fois supérieure à la dose « prophylactique » recommandée par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), conclut cet essai clinique brésilien, publié dans le British Medical Journal.

 

De précédentes études montrent qu'environ 15 % des personnes infectées par le nouveau coronavirus développent des troubles de la coagulation sanguine. C'est le groupe de patients qui peut bénéficier d'un traitement à l'héparine, mais le timing est d'une importance vitale, explique l’un des auteurs principaux, le Dr Elnara Negri, professeur et médecin à la FAPESP (Fundação de Amparo à Pesquisa do Estado de São Paulo).

 

Cependant, l’OMS ne recommande actuellement que l'utilisation prophylactique de l'héparine pour ces patients : cette dose prophylactique vise principalement à prévenir les caillots sanguins et ne représente qu'un quart de la dose thérapeutique. Cependant, cet essai clinique randomisé montre que l’administration prophylactique ne s'est pas avérée bénéfique…

Un risque de décès réduit de 78% plus faible avec la dose thérapeutique de l'anticoagulant

L’essai est mené auprès de 465 patients pris en charge dans 28 hôpitaux de 6 pays, dont le Brésil, le Canada, l’Irlande, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et les États-Unis a évalué les effets de l'héparine thérapeutique par rapport à l'héparine prophylactique chez les patients modérément malades atteints de COVID-19 hospitalisés. Les participants ont été répartis au hasard pour recevoir une dose thérapeutique d'héparine (n = 228) ou une dose prophylactique d'héparine (n = 237). Le critère principal de l’étude était le décès ou la ventilation mécanique invasive ou non invasive, ou encore la prise en charge dans une unité de soins intensifs (USI), dans les 28 jours de l’admission. L’analyse révèle que :

 

  • l'héparine réduit de 78% le risque de décès par COVID-19 lorsqu'elle est administrée à des doses thérapeutiques à des patients présentant des signes d'insuffisance respiratoire à l'admission à l'hôpital ;
  • aucune différence significative n’est constatée en termes de besoin d'admission en soins intensifs, de ventilation non invasive ou d'intubation ;
  • enfin chez les patients ayant reçu une dose thérapeutique d’héparine, l’incidence des saignements importants, le principal effet indésirable généralement observé s’est avéré extrêmement très faible.

« Nous pensons que ces résultats devraient changer la pratique clinique »,

commente l’auteur.

Le traitement n’est pas recommandé pour tous les patients diagnostiqués COVID-19, reprécisent les chercheurs : il n'est indiqué que pour les patients admis à l'hôpital et uniquement sous contrôle médical.

 

Une fenêtre étroite de traitement : pour être efficace, l'héparine doit être administrée entre 7 et 14 jours après le début des symptômes. De précédentes recherches avaient déjà montré que le traitement avec l'anticoagulant ne produisait pas de bénéfices significatifs lorsqu'il était administré après l'admission en soins intensifs.

 

Un mode précis d’administration : seule l'injection d'héparine permet ces bénéfices. L'héparine administrée par voie orale n'a eu aucun effet. Cela peut s’expliquer par des effets antiviraux et anti-inflammatoires systémiques immédiats en injection.

 

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