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COVID-19 : USI et anesthésistes, des personnels moins touchés

Actualité publiée il y a 7 mois 2 semaines 2 jours
Anaesthesia
On pourrait penser que les personnels des services d’anesthésie et de soins intensifs (USI) en frontal avec les patients COVID-19 sévères encourent un risque plus élevé d’être infectés  (Visuel Adobe Stock 374182371)

On pourrait penser que les personnels des services d’anesthésie et de soins intensifs (USI) en frontal avec les patients COVID-19 sévères encourent un risque plus élevé d’être infectés et de développer la maladie. Mais c’est très probablement sans compter leurs bonnes pratiques de prévention. De manière inattendue, les données montrent ainsi que les anesthésistes et les médecins de soins intensifs sont à risque moindre d'infection par le SRAS-CoV-2 par rapport aux autres membres du personnel médical. Ces données, présentées dans la revue Anaesthesia, confirment bien sûr l’importance des EPI et de leurs protocoles d’utilisation mais suggèrent aussi que la mise d'un patient sous respirateur et la procédure d'intubation ne présentent peut-être pas un risque aussi élevé qu'on le supposait.

 

C’est à la suite du premier décès par COVID-19 d'un anesthésiste au Royaume-Uni en novembre 2020, que cette équipe a démarré cet examen des données disponibles sur les décès par COVID-19 recensés chez les anesthésistes et les médecins de soins intensifs. L’auteur principal, le Pr Tim Cook, consultant en anesthésie et en médecine de soins intensifs, du Royal United Hospitals Bath NHS Foundation Trust, à l’Université de Bristol rappelle « cet événement très triste qui a entraîné un moment de pause et de réflexion ».

Elargir les bonnes pratiques aux autres services hospitaliers et à la médecine de ville ?

L’équipe a passé en revue de nombreuses études pour conclure que :

  • dans l’ensemble, les personnels de santé encourent un risque 2 à 4 fois plus élevé d'infection et de complications du COVID-19 ;
  • les personnels hospitaliers non-soignants sont également à risque plus élevé ;
  • cependant, le risque associé aux différentes pratiques ou formes d’exercice reste variable.

 

L’analyse de 3 études distinctes d'Oxford, de Leicester et de Birmingham, incluant au total plus de 20.000 personnels de santé, indique que:

  • les professionnels de santé travaillant en anesthésie et en soins intensifs ont un risque moitié moindre d'infection que les médecins traitant des patients COVID-19 dans les services non USI ;
  • les taux d'infection sont significativement plus élevés chez les infirmières de première ligne et le personnel d'entretien que chez les anesthésistes et les personnels d’USI ;
  • l’étude écossaise confirme de manière claire qu’exercer en USI est associé à un risque 2 fois moins élevé qu’exercer dans les services d’admission ;
  • l’analyse de données du recensement du Royal College of Anesthetists, du NHS et de l'Office of National Statistics conclut à un taux de décès par COVID-19 plus faible parmi les anesthésistes et les personnels des USI : ces taux sont compris entre 25 et 50% des taux retrouvés dans les autres services ;
  • quel que soit le groupe de comparaison utilisé, les décès parmi les anesthésistes et les personnels des USI sont nettement inférieurs aux taux des autres personnels de santé et certainement très faibles par rapport aux prédictions.

 

Plusieurs explications à ce risque plus faible sont proposées par les chercheurs : des équipements de protection individuelle de meilleure qualité et respectant plus fréquemment les normes, des protocoles d’utilisation (habillage et déshabillage) plus rigoureux, un exercice dans des environnements bien ventilés et la possibilité que les patients une fois admis à l'unité de soins intensifs soient moins infectieux que ceux des services d’admission, parce que déjà traités et soumis à différentes mesures d’hygiène et d’asepsie. Enfin, suggèrent les auteurs, ces procédures mêmes estimées à risque élevé, comme la mise sous ventilation avec intubation, pourraient être « moins risquées » qu’on ne le pensait.

 

Cette analyse apporte donc des résultats rassurants car elle démontre que le respect des bonnes pratiques, ici en milieu de soins -mais probablement en milieu communautaire également- permet de garantir une sécurité relative contre l’infection à SRAS-CoV-2. Poursuivre les pratiques actuelles dans ces services et en tirer des retours d’expériences pour les autres services hospitaliers et les soins de ville pourrait ainsi optimiser la protection des professionnels contre le coronavirus.