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COVID-19 : Zoom sur ces anticorps "voyous" qui induisent les caillots

Actualité publiée il y a 11 mois 2 semaines 1 jour
Arthritis & Rheumatology
Ces travaux identifient notamment le rôle clé des anticorps antiphospholipides circulants, un type d’anticorps également retrouvé à des niveaux plus élevés chez les personnes atteintes de maladies auto-immunes, telles que le lupus. Ils les appellent « des anticorps voyous » (Visuel Adobe Stock 293953008).

Ces scientifiques américains -des National Institutes of Health – avec des collègues chinois décryptent ici les mécanismes associés à l’inflammation des vaisseaux sanguins et à la coagulation sanguine extrême liées à certaines formes sévères de la maladie. Ces travaux, publiés dans la revue Arthritis & Rheumatology, identifient notamment le rôle clé des anticorps antiphospholipides circulants, un type d’anticorps également retrouvé à des niveaux plus élevés chez les personnes atteintes de maladies auto-immunes, telles que le lupus. Ils les appellent « des anticorps voyous ».  

 

Ces «auto-anticorps», qui ciblent les propres organes et systèmes d'une personne, sont donc activés en réponse à l’infection COVID, et peuvent l’être également en réponse à d’autres infections virales, sont directement responsables de la formation de caillots de sang dans les vaisseaux.  

Ces « anticorps voyous » induisent une viscosité vasculaire

L’analyse des échantillons de sang de 244 patients hospitalisés pour COVID-19 identifie ici ces « anticorps voyous », en corrélation avec les formes sévères, impliqués dans les mécanismes associés à une coagulation excessive. Il s’agit précisément « d’anticorps antiphospholipides » circulants, déjà documentés comme responsables de manifestations thromboemboliques plus fréquentes chez les personnes atteintes de maladies auto-immunes.

 

Lorsque les chercheurs comparent les échantillons de sang des patients à ceux de de témoins sains, ils constatent que les échantillons de patients COVID présentent :

 

  • des niveaux plus élevés d'anticorps IgG, un type d’anticorps qui « travaille » avec d'autres cellules immunitaires, telles que les IgM, pour répondre aux menaces immunitaires ;
  • des niveaux plus élevés d'IgG, associés à la gravité de la maladie COVID-19- ainsi ces patients à niveaux élevés d’IgG ont souvent besoin d'une assistance respiratoire ;
  • des schémas d’anticorps similaires, mais dans une moindre mesure, à ceux d’échantillons de sang de 100 patients hospitalisés pour septicémie, une condition caractérisée par une très forte inflammation, suite à une infection bactérienne ou virale.

 

Des anticorps voyous qui favorisent la coagulation extrêrme :

Les IgG aident à combler un fossé entre les réponses immunitaires innées et adaptatives : ces anticorps favorisent un processus immunitaire qui aide le corps à reconnaître, à réagir et à se souvenir du danger. Dans certains cas sévères de COVID, la réponse peut devenir systémique et exacerber la maladie. Ici, les chercheurs font une découverte unique :

 

  • Ici, lorsque les chercheurs retirent les IgG des échantillons de sang de patients atteints de COVID-19, ils constatent la chute des indicateurs moléculaires de la « viscosité des vaisseaux sanguins » ;
  • lorsque les chercheurs ajoutent ces mêmes anticorps IgG aux échantillons des témoins en bonne santé, ils observent alors une réponse inflammatoire des vaisseaux sanguins exacerbée favorisant une coagulation excessive, et la formation de caillot.

Tous nos organes contiennent des vaisseaux sanguins,

et donc les facteurs circulants qui conduisent à la « viscosité » des vaisseaux sanguins pendant le COVID-19 contribuent à expliquer pourquoi le virus peut affecter de nombreux organes, y compris le cœur, les poumons et le cerveau et pourquoi la maladie peut devenir systémique.

 

De futures recherches vont regarder les avantages possibles u dépistage des patients atteints de COVID-19 ou d'autres formes de maladies graves pour les anticorps anti-cardiolipines, IgG et/ou IgM et autres auto-anticorps et à des points d'infection plus précoces. De tels tests pourraient aider à identifier les patients à risque de coagulation sanguine extrême, d'inflammation vasculaire et d'insuffisance respiratoire.