Découvrez nos réseaux sociaux
Actualités

COVID : C’est 1,6 année d’espérance de vie en moins

Actualité publiée il y a 2 mois 6 jours 14 heures
The Lancet
Le COVID-19 a eu un impact plus important sur l’espérance de vie qu’on le pensait (Visuel Adobe Stock 451791756)

Le COVID-19 a eu un impact plus important sur l’espérance de vie qu’on le pensait. « Seule bonne nouvelle » cependant, les taux de mortalité infantile ont continué à baisser pendant la pandémie. Cette nouvelle analyse, menée par une équipe de l’Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME) de l’Université de Washington, sur les données de l'étude Global Burden of Disease Study (GBD) 2021, révèle des données inédites sur la mortalité « incroyablement élevée » associée à la pandémie. Avec d’énormes disparités selon les pays.

 

Des régions comme celles de Mexico, des pays comme le Pérou et la Bolivie ont payé ainsi les plus lourds tributs à la pandémie, avec les plus fortes baisses de l'espérance de vie entre 2019 et 2021. Globalement, l'espérance de vie mondiale a chuté de 1,6 an entre 2019 et 2021, ce qui constitue un grand retour en arrière, vs la tendance à l’augmentation passée. La mortalité infantile a heureusement poursuivi sa baisse, marquant une diminution d’1 demi-million de décès de moins parmi les enfants de moins de 5 ans en 2021 vs 2019. Ainsi, les taux de mortalité chez les enfants de moins de 5 ans ont diminué de 7 % entre 2019 et 2021.

 

L’un des principaux auteurs, le Dr Austin E. Schumacher, professeur de métriques de santé à l’IHME souligne « l’impact de la pandémie plus profond que n'importe quelle crise intervenue depuis un demi-siècle, y compris les conflits et les catastrophes naturelles » : L’espérance de vie a diminué dans 84 % des pays et territoires au cours de cette pandémie, ce qui confirme plus largement « l’impact dévastateur des nouveaux agents pathogènes ».

L’espérance de vie a diminué dans 84 % des pays

L’étude révèle des taux de surmortalité jusque-là inconnus : une surmortalité très élevée pendant la pandémie dans de nouveaux pays comme la Jordanie et le Nicaragua, certaines provinces sud-africaines et, en revanche des surmortalités plus faibles à la Barbade, en Nouvelle-Zélande et à Antigua.

 

  • La mortalité chez les personnes âgées dans le monde a augmenté durant la pandémie, d’une manière sans précédent au cours des 70 années précédentes. La pandémie a été dévastatrice, tuant environ 16 millions de personnes dans le monde en 2020 et 2021 ;
  • la pandémie a fait grimper la mortalité mondiale chez les personnes de plus de 15 ans, augmentant de 22 % pour les hommes et de 17 % pour les femmes âgées de plus de 15 ans, et cela sur la période 2019-2021 ;
  • l’espérance de vie à la naissance a néanmoins augmenté de près de 23 ans entre 1950 et 2021 ;
  • en dépit des préoccupations avec le COVID-19 concernant les progrès réalisés dans le monde pour sauver des vies d’enfants, ces améliorations se sont poursuivies pendant la pandémie, bien qu’à un rythme plus lent. Cependant, des différences marquées en matière de mortalité infantile persistent entre les régions : en 2021, 1 enfant décédé sur 4 dans le monde vivait en Asie du Sud, tandis que 2 enfants décédés sur 4 vivaient en Afrique subsaharienne.

 

Des implications sur la population mondiale : l’analyse, qui a également évalué les tendances démographiques révèle que :

 

  • à partir de 2017, le taux de croissance de la population mondiale a commencé à baisser après des années de stagnation ;
  • pendant la pandémie de COVID-19, ces baisses se sont accélérées ;
  • en 2021, 56 pays ont atteint leur pic de population et aujourd’hui, ces pays voient leur population diminuer ;
  • toutefois, la croissance démographique rapide s’est poursuivie dans de nombreux pays à faibles revenus ;
  • les populations du monde entier vieillissent : entre 2000 et 2021, le nombre de personnes âgées de 65 ans et plus a augmenté plus rapidement que le nombre de personnes de moins de 15 ans dans 188 pays et territoires.

 

« Le ralentissement de la croissance démographique et le vieillissement des populations, ainsi que la concentration de la croissance démographique dans les régions les plus pauvres où les résultats sanitaires sont les moins bons, posent des défis sociaux, économiques et politiques sans précédent. Ces défis impliquent de mener une réflexion politique mondiale et de coopérer en matière d’émigration ».  

 

Des implications pour l’avenir des systèmes de santé : « même après les terribles pertes de vies que le monde a connues à cause de la pandémie, nous avons réalisé des progrès incroyables sur 72 ans depuis 1950, la mortalité infantile continuant de baisser à l'échelle mondiale. Maintenant, il s’agit de consolider ces progrès, de combler les disparités de santé et de mieux nous préparer à la prochaine pandémie ».