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COVID : L’antidiabétique qui réduit de 40 % le risque de COVID LONG

Actualité publiée il y a 8 mois 2 semaines 4 jours
The Lancet Infectious Diseases
La prise d'un médicament courant contre le diabète après un test positif pour le SRAS-CoV-2 réduit le risque de développer un COVID long de 40 % (Visuel Adobe Stock 40885037)

La prise d'un médicament courant contre le diabète après un test positif pour le SRAS-CoV-2 réduit le risque de développer un COVID long de 40 %, selon cette étude menée à l’University du Minnesota. C’est le tout premier essai contrôlé randomisé à suggérer que ce médicament, pris pendant la phase aiguë du COVID-19, pourrait réduire le risque de COVID prolongé et il vient d’être publié dans le Lancet Infectious Diseases.

 

Les symptômes à long terme développés par certains patients après une infection par le SRAS-CoV-2, connus sous le nom de COVID long, constituent une condition chronique émergente, de mieux en mieux reconnue, en particulier parce qu’elle affecte des millions de personnes dans le monde (jusqu’à une personne développant un COVID sur 2) et qu’elle peut durer des années. Actuellement, il n'existe aucun traitement éprouvé pour prévenir le COVID long (en dehors de prévenir l’infection initiale).

 

L’antidiabétique oral (ADO) en question, c’est la metformine. L'essai n'a pas examiné l'effet de la metformine chez les participants déjà diagnostiqués avec un COVID long, il ne suggère donc en aucun cas que la metformine puisse traiter le COVID long. Mais l’étude révèle que 6,3% des participants qui ont pris la metformine dans les 3 jours suivant le test positif développent un syndrome post-COVID ou COVID long dans les 10 mois vs 10,4 % des participants témoins ayant reçu un placebo.

 

L’étude -un essai contrôlé randomisé de phase III- est menée auprès de 1.126 participants en surpoids et obèses répartis pour prendre un traitement de 2 semaines de metformine ou un placebo, après avoir été testé positif pour le SRAS-CoV-2. Les participants n'étaient pas hospitalisés, présentaient un risque plus élevé de COVID-19 sévère en raison de leur surpoids ou de leur obésité, étaient âgés de plus de 30 ans et avaient été testés positifs pour le SRAS-CoV-2 au cours des trois derniers jours, mais n'avaient aucun autre antécédent de COVID connu. Les participants ont été suivis pendant 10 mois et les données recueillies par questionnaire d'auto-évaluation tous les 30 jours. L’analyse révèle que :

 

  • la metformine a prévenu plus de 40 % des cas de COVID long dans l'essai : 6,3 % des participants ayant reçu de la metformine ont reçu un diagnostic de COVID long dans les 10 mois vs 10,4 %des témoins, ayant reçu le placebo ;
  • en d’autres termes, la prise de metformine pendant la phase aiguë de l’infection réduit de 40% le risque de COVID long à 10 mois ;

  • ces résultats sont en ligne avec la première analyse de cet essai qui montrait que la metformine permet d’éviter plus de 40 % des visites aux urgences, des hospitalisations et des décès liés au COVID dans les 2 semaines suivant le début du traitement, et vs placebo ;
  • d'autres bras de l'essai qui examinaient les effets de l'ivermectine et la fluvoxamine ont constaté que ni l'un ni l'autre n'empêchaient le COVID long.

 

Il s'agit du premier essai contrôlé randomisé de phase III confirmant l’efficacité d’un traitement à réduire le risque de COVID long lorsqu'il est pris après un test positif pour le SRAS-CoV-2.

 

« Le COVID long est devenu une urgence de santé publique et une condition qui peut avoir des conséquences durables sur la santé physique, la santé mentale, mais aussi sur la société et nos systèmes de santé. Il est urgent de trouver des traitements curatifs et préventifs. La metformine est un médicament sûr, peu coûteux et largement disponible et nous montrons que ce médicament réduit considérablement le risque d'être diagnostiqué avec un COVID long s'il est pris juste après la première infection par le coronavirus », résume l’auteur principal, le Dr Carolyn Bramante, de l’Université du Minnesota.

 

Les auteurs reconnaissent certaines limites à l'étude, notamment le fait que l'essai a exclu les personnes ayant un IMC de moins de 25 et les personnes âgées de moins de 30 ans, ils suggèrent donc de mener d'autres essais auprès de participants plus jeunes et ayant un IMC inférieur.

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