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COVID LONG : 1 patient sur 10 a toujours des symptômes 8 mois après

Actualité publiée il y a 6 mois 1 semaine 1 jour
JAMA
Même après un COVID-19 léger, un patient sur 10 va éprouver des symptômes à long terme, et jusqu’à 8 mois plus tard (Visuel Adobe Stock 100373424)

Même après un COVID-19 léger, un patient sur 10 va éprouver des symptômes à long terme, et jusqu’à 8 mois plus tard conclut cette étude épidémiologique, menée par une équipe de l’Institut Karolinska. Alors que la « 3è vague » submerge les hôpitaux, les études s’accumulent pour révéler la prévalence élevée de ces formes longues, avec des conséquences importantes pour les systèmes de santé. Ces données, publiées dans le Journal of the American Medical Association (JAMA) prolongent encore la période symptomatique, désormais associée à toutes les formes de la maladie, même au COVID léger.  

 

Les auteurs principaux, Charlotte Thålin et Sebastian Havervall à l'Hôpital de Danderyd et de l'Institut Karolinska soulignent que ces symptômes persistants modérés à sévères sont perçus unanimement par les patients comme ayant un impact négatif sur leur vie professionnelle, sociale ou familiale. Parmi ces symptômes à long terme, plus fréquents figurent l’anosmie (perte d’odorat), la dysgueusie (perte de goût) et une grande fatigue.

COVID léger ne signifie pas COVID court

L’étude Community a été conçue pour suivre l'immunité après un COVID-19. Dans la première phase de l'étude au printemps 2020, des échantillons de sang ont été prélevés chez 2.149 personnels hospitaliers. Environ 19% présentaient alors des anticorps contre le SRAS-CoV-2. Des échantillons de sang ont ensuite été collectés tous les 4 mois et les symptômes éventuels des participants ont été régulièrement suivis par questionnaire. Lors d’un 3è suivi en janvier 2021, l'équipe de recherche a également examiné l’impact des éventuels symptômes sur la performance au travail, la qualité de la vie sociale et familiale, notamment pour les participants qui avaient développé un COVID-19 léger 8 mois plus tôt. Ce groupe de participants composé de 323 professionnels de santé a été comparé à 1.072 professionnels de santé qui n'avaient pas développé de COVID-19 au cours du suivi de l’étude. L’analyse constate que :

 

  • 26% des participants ayant eu le COVID présentent toujours donc 8 mois plus tard au moins, au moins un symptôme modéré à sévère, ce symptôme durant depuis au moins 2 mois ;
  • 11% des participants ayant eu le COVID présentent toujours au moins un symptôme ayant un impact négatif sur la vie professionnelle, sociale ou familiale, symptôme durant depuis au moins 8 mois ;
  • les symptômes à long terme les plus courants sont la perte d'odorat et de goût, la fatigue et les troubles respiratoires.

 

Quels symptômes à long terme ? L’étude conclut donc à la présence fréquente et durable de symptômes à long terme après un COVID-19 léger au sein d’un groupe de participants relativement jeunes et en bonne santé. Si la fatigue et les problèmes respiratoires chez ces participants sont préoccupants, l’étude n’identifie pas une prévalence accrue de symptômes cognitifs tels que la fatigue cérébrale, des problèmes de mémoire et de concentration ou des troubles physiques tels que des douleurs musculaires et articulaires, des palpitations cardiaques ou de la fièvre à long terme.

 

COVID léger ne signifie pas COVID court : bien que les participants aient développé une forme légère de COVID-19, ils ont conservé, pour une proportion relativement importante d’entre eux, des symptômes à long terme ayant un impact significatif sur la qualité de vie.

 

Ces données doivent donc encourager les plus jeunes à respecter les mesures barrières, rappelle le Dr Sebastian Havervall, médecin à l'hôpital Danderyd, chercheur à l’Institut Karolinska et co-auteur de l’étude.

 

Une prochaine analyse des données de l’étude Community est prévue en mai prochain, alors qu'une grande proportion des participants à l'étude devraient avoir été vaccinés.