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COVID long : Au moins 1 symptôme, 2 ans après l’infection

Actualité publiée il y a 3 mois 1 semaine 8 heures
The Lancet Respiratory Medicine
2 ans après l'infection, la moitié des personnes hospitalisées avec COVID-19 présentent encore au moins 1 symptôme (Visuel Adobe Stock 327957130)

2 ans après l'infection, la moitié des personnes hospitalisées avec COVID-19 présentent encore au moins 1 symptôme, souligne cette étude de suivi menée à la Capital Medical University, Beijin (Chine), publiée dans le Lancet Respiratory Medicine. De nouvelles données qui engagent à nouveau à considérer le COVID plutôt come une maladie chronique.

 

On commence tout juste, avec un peu plus de recul, à apprécier les effets à long terme du COVID-19 sur la santé, la plupart des études étant limitées à un suivi d’un an. Le manque de données de référence sur l'état de santé juste avant le début de la pandémie COVID-19 limite également les comparaisons des résultats de santé avant et après un COVID-19. L'auteur principal, le professeur Bin Cao, du China-Japan Friendship Hospital commente : « nos résultats indiquent qu’une proportion non négligeable de survivants hospitalisés pour COVID-19 est parvenue à éliminer l'infection initiale mais a mis 2 ans ou plus pour récupérer totalement ».

 

L’étude est menée auprès de 1.192 participants hospitalisés avec COVID-19 à Wuhan, en Chine, entre le 7 janvier et le 29 mai 2020, suivis à 6 mois, 12 mois puis 2 ans après leur sortie de l’hôpital. Les participants étaient âgés de 57 ans en moyenne et à 54 % des hommes. Les évaluations comprenaient un test de marche de 6 minutes, des analyses de laboratoire, un relevé des symptômes, une évaluation de la santé mentale, de la qualité de vie, de l’activité et du fonctionnement au quotidien, et du recours à des soins de santé après la sortie de l’hôpital. Les résultats de santé à 2 ans des participants ont été comparés à ceux d'un groupe témoin apparié selon l'âge, le sexe et les comorbidités – mais sans antécédents d'infection au COVID-19. Parmi les principales conclusions :

  • si leur santé physique et mentale s'est améliorée au fil du temps, quelle que soit la sévérite de la maladie initiale,
  • 68 % signalent toujours au moins 1 symptôme 6 mois plus tard ;

  • 55 % signalent toujours au moins 1 symptôme à 2 ans ;
  • ainsi, 2 ans après l’infection, la moitié des patients hospitalisés pour COVID présentent des symptômes de « COVID long », en particulier une grande fatigue et des troubles du sommeil, déclarent une qualité de vie dégradée, une moindre capacité à pratiquer l'exercice, parfois des problèmes de santé mentale ;
  • globalement, les patients hospitalisés pour un COVID vont avoir recours, dans les 2 années qui suivent à une utilisation accrue des services de santé par rapport aux personnes qui n’ont pas développé la maladie;
  • 2 ans après être tombés initialement malades, ces patients sont généralement en moins bonne santé que la population générale :
  • 31 % ressentent une grande fatigue, vs 5 % pour le groupe témoin,
  • 31 % une faiblesse musculaire, vs 14 % pour le groupe témoin,
  • 31 % des troubles du sommeil, vs 5 % pour le groupe témoin,
  • ces patients sont également plus susceptibles de signaler un certain nombre d'autres symptômes, notamment des douleurs articulaires, des palpitations, des étourdissements et des maux de tête, de la douleur ou de l'inconfort, de l'anxiété ou de la dépression : les évaluations de santé mentale des participants avec COVID long révèlent que 13 % présentent des symptômes d'anxiété et 11 % des symptômes de dépression.

 

Le suivi continu des survivants du COVID-19 s'impose, en particulier des patients qui présentent des symptômes de COVID long, est essentiel pour comprendre l'évolution plus longue de la maladie, afin de pouvoir mettre en œuvre des programmes de réadaptation,

comme pour d’autres maladies chroniques.