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COVID long : Le syndrome de fatigue chronique n’est pas une illusion

Actualité publiée il y a 3 mois 5 jours 8 heures
Nature Communications
Le SRAS-CoV-2 peut déclencher un syndrome de fatigue chronique (Visuel Adobe Stock 509556352)

Le SRAS-CoV-2 peut tout à fait déclencher un syndrome de fatigue chronique, conclut cette équipe de la Charité - Universitätsmedizin Berlin, à l’issue de cette étude bien contrôlée. La recherche, publiée dans la revue Nature Communications, révèle que même après une forme légère de COVID-19, certains patients développent des symptômes tout à fait caractéristiques du tableau clinique du syndrome de fatigue chronique.

 

"Les préoccupations concernant cet effet de déclenchement du COVID-19 de ce syndrome de fatigue extrême sont apparues très tôt et dès les tout débuts de la pandémie », rappelle l’auteur principal, le professeur Carmen Scheibenbogen, directrice de l'Institut d'immunologie médicale de la Charité, un expert dans le diagnostic de l’encéphalomyélite myalgique/syndrome de fatigue chronique. Depuis, les preuves de cette association se sont accumulées, cependant la relation est restée mal comprise, notamment en raison de connaissances encore limitées et peu spécifiques sur le syndrome de fatigue chronique.

Le syndrome de fatigue post-COVID n’est pas un trouble psychosomatique

Pour la première fois une étude identifie en effet plusieurs mécanismes qui mènent à ces symptômes.

 

L'étude : l’équipe du réseau post-COVID de la Charité a ainsi examiné 42 patients venus consulter pour une fatigue persistante et sévère et des difficultés de fonctionnement 6 mois après une infection par le SRAS-CoV-2. La plupart de ces patients étaient même incapables d'effectuer des travaux légers sur une durée de plus de 2 à 4 heures par jour. D’autres ne pouvaient pas reprendre leur activité professionnelle ; d’autres encore n’étaient plus en mesure de s’occuper d’eux-mêmes. 3 des 42 participants avaient eu besoin de soins hospitaliers lors de leur infection initiale (aiguë) par le SRAS-CoV-2, mais aucun n’avait nécessité un recours à la ventilation. En d’autres termes, 32 des participants répondaient à la classification d’un COVID-19 léger.

 

L’équipe interdisciplinaire de neurologues, immunologues, rhumatologues, cardiologues, endocrinologues et pneumologues a évalué ces participants pour les symptômes de fatigue chronique, et a rapproché ces données de celles de 19 témoins également atteints du syndrome, mais sans avoir connu une infection COVID. L’analyse révèle que :

 

  • environ la moitié des patients post-COVID examinés répondent aux critères de diagnostic du syndrome de fatigue chronique (critères de consensus canadien) ;
  • la force musculaire réduite chez ces patients, telle qu’évaluée par un dispositif de mesure de la force de préhension, s’avère associée à une réponse inflammatoire persistante ;
  • les niveaux élevés d’une hormone (NT-proBNP) libérée par les cellules musculaires lorsque l'apport d'oxygène est insuffisant suggèrent que, chez ces patients, la faiblesse musculaire peut être causée par une insuffisance de l'apport sanguin ;
  • globalement, les symptômes semblent s'améliorer avec le temps.

 

Ces nouvelles observations confirment la prévalence élevée du syndrome de fatigue chronique

et de ses principaux symptômes chez les personnes souffrant de COVID long, et rappellent que ce syndrome post-COVID ou pas n’est pas un trouble psychosomatique mais bien une maladie physique grave qui peut être diagnostiquée et évaluée à l'aide de méthodes objectives.

 

 Enfin, ces conclusions vont contribuer à mieux considérer et prendre en charge cette fatigue chronique extrême dans le cadre du protocole de suivi des patients atteints de COVID long.