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COVID long : Mais pourquoi cette perte d’odorat ?

Actualité publiée il y a 1 année 4 mois 4 semaines
Science Translational Medicine
L'anosmie est un symptôme caractéristique du COVID-19 et en particulier de ses formes longues (Visuel Adobe Stock 462812968)

Une étude a suggéré que « la perte d’odorat, dans le COVID-19, intervient le 3è jour ». De nombreuses autres recherches ont traité de l’anosmie dans le COVID-19, désignant ce symptôme comme parmi les plus caractéristiques des formes longues de la maladie. Cette nouvelle étude menée par une équipe de la Duke University (Caroline du Nord) révèle aujourd’hui la raison principale de cette perte d'odorat dans le COVID long.

 

Réponse : la raison pour laquelle certaines personnes ne parviennent pas à retrouver leur odorat après le développement du COVID-19 est liée à une attaque immunitaire en cours sur les cellules nerveuses olfactives et, simultanément à une baisse associée du nombre de ces cellules.

 

Ainsi, si la perte d’odorat est l’un des premiers symptômes généralement associés à l'infection COVID-19, le mécanisme inflammatoire en jeu à explique ces autres symptômes du COVID long », explique l’auteur principal, le Dr Bradley Goldstein, professeur agrégé de neurobiologie et de chirurgie de la tête et du cou.

Des millions de personnes n'ont toujours pas complètement récupéré leur odorat

L’étude s’est concentrée sur l’anosmie associée au COVID-19 mais met également en lumière les causes sous-jacentes possibles d'autres symptômes du COVID long, dont la fatigue généralisée, l'essoufflement et le brouillard cérébral. Ces symptômes semblent en effet déclenchés par des mécanismes biologiques similaires, liés à l’inflammation et à la réduction des cellules nerveuses olfactives. L’analyse d’échantillons de cellules épithéliales olfactives extraites de 24 biopsies, dont de 9 patients souffrant d'une perte d'odorat à long terme suite au COVID-19, révèle :

 

  • une infiltration généralisée de lymphocytes T engagés dans une réponse inflammatoire dans l'épithélium olfactif, le tissu dans le nez où se trouvent les cellules nerveuses olfactives ;
  • ce processus d'inflammation unique peut persister même en l'absence de niveaux détectables de virus SARS-CoV-2 ;
  • chez les patients souffrant de COVID long, le nombre de neurones sensoriels olfactifs est considérablement réduit, peut-être en raison des dommages causés aux muqueuses, par l'inflammation.

« Une sorte de réaction de type auto-immune dans le nez »,

c’est ainsi que les scientifiques résument ce processus.

 

Quelle durée ? De nombreux patients COVID-19 ne verront leur odorat altéré que durant la phase aiguë de l'infection virale et retrouveront l'odorat dans les 1 à 2 semaines, d’autres patients avec COVID long, en souffriront des mois, explique l’auteur.

 

Ces données constituent une étape clé pour commencer à concevoir des traitements. Avec un espoir, les neurones semblent conserver une certaine capacité à se réparer même après cet assaut auto-immune à long terme. L’objectif serait de pouvoir obtenir une modulation de la réponse immunitaire anormale pour restaurer au moins partiellement l'odorat et apaiser d'autres symptômes du COVID long qui résultent de processus inflammatoires similaires.