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COVID sévère : C'est 20 ans d'âge en plus pour le cerveau

Actualité publiée il y a 3 semaines 1 jour 12 heures
eClinicalMedicine
 Ce nouveau repère, d’une déficience cognitive équivalant à 20 ans de vieillissement, marque les esprits (Adobe Stock 417136577)

Les effets neurologiques et cognitifs des formes sévères et longues de COVID-19 ont été bien documentés mais n'ont jamais été évalués en points de Q.I. Ce nouveau repère, d’une déficience cognitive équivalant à 20 ans de vieillissement cérébral, apportée par une équipe de cliniciens et de neurologues de l’Université de Cambridge et de l'Imperial College de Londres, ne peut que marquer les esprits. Au-delà d’une perte moyenne de 10 points de Q.I., l’étude confirme, dans la revue eClinicalMedicine, de multiples effets neurologiques, encore détectables plus de 6 mois après l’infection aiguë, et souligne à nouveau, que toute guérison est au mieux progressive.

 

On résumera donc la conclusion de l’étude sur l’effet neurologique d’un COVID sévère, à une perte cognitive moyenne équivalant à 10 points de QI ou encore à 20 années d’âge supplémentaires. Des métriques qui vont bien au-delà des symptômes du COVID long jusque-là documentés, dont la fatigue, le « brouillard cérébral », des problèmes de rappel des mots et de fluidité verbale, des troubles du sommeil, l’anxiété et même le trouble de stress post-traumatique (SSPT). Jusque-là, les difficultés cognitives avaient bien été documentées, durables jusqu’à 12 semaines après un COVID-19 sévère, mais pas à cette intensité.

Une récupération très lente...

L’analyse des résultats de 46 patients hospitalisés pour COVID, entre mars et juillet 2020, dont certains en unité de soins intensifs (USI), dont 16 patients ont été mis sous ventilation mécanique pendant leur hospitalisation. Tous les participants ont passé des tests cognitifs informatisés détaillés en moyenne 6 mois après leur infection aiguë (à l'aide d’une plateforme, Cognitron, qui mesure différents aspects des facultés mentales telles que la mémoire, l'attention et le raisonnement). L'anxiété, la dépression et le trouble de stress post-traumatique (SSPT) ont également été évalués à l’aide d’échelles reconnues. Ces données ont été comparées à celles de témoins appariés et bonne santé. L’analyse constate, chez les patients « rétablis » d’un COVID :

 

  • moins de précision et un temps de réponse plus lent aux tests cognitifs ; y compris 6 mois après l’infection aiguë ;
  • ces effets apparaissent plus marqués chez les participants ayant eu besoin d’une ventilation mécanique ;
  • la comparaison des scores cognitifs des participants avec ceux d’un groupe de comparaison de 66.008 personnes n’ayant pas développé le COVID permet d’estimer que l'ampleur de la perte cognitive est équivalente à celle subie avec 20 ans de vieillissement, entre 50 et 70 ans, et à une perte de 10 points de Q.I. ;
  • les participants ayant eu le COVID réussissent particulièrement mal aux tests de raisonnement analogique verbal, en pratique, ils ont des difficultés à trouver leurs mots ;
  • la vitesse de traitement est plus lente -et associée à une diminution de la consommation de glucose cérébral dans le réseau frontopariétal du cerveau, responsable de l'attention, de la résolution de problèmes complexes et de la mémoire de travail, entre autres fonctions.

 

L’auteur principal, le Pr David Menon du Service d'anesthésie de l'Université de Cambridge résume ces résultats : « Les troubles cognitifs sont communs à un large éventail de maladies neurologiques, y compris la démence (et même le vieillissement normal), mais les schémas cognitifs ici observés constituent

une « empreinte cérébrale » profonde du COVID-19 ».

Bien qu'il soit désormais établi que les personnes qui se sont remises d’un COVID-19 sévère peuvent présenter une mauvaise santé mentale, la recherche révèle un lien fort entre la gravité de la maladie aiguë et l’importance des déficits cognitifs.

 

L’étude nous apprend également que la récupération des facultés cognitives « prend du temps » : « Nous avons suivi certains patients jusqu'à 10 mois après l’infection et nous n'avons pu constater qu'une amélioration très lente ».

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