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CRISE CARDIAQUE : L’essoufflement, facteur prédictif de mauvais pronostic

Actualité publiée il y a 6 mois 2 semaines 3 jours
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Chez les patients victimes de crise cardiaque, l'essoufflement et la dyspnée annoncent sans l’expliquer une moins bonne survie que le symptôme plus courant de douleur thoracique (Visuel Adobe Stock 170126931)

Chez les patients victimes de crise cardiaque, l'essoufflement et la dyspnée annoncent -sans pour autant- l’expliquer une moins bonne survie que le symptôme plus courant de douleur thoracique, conclut cette étude portugaise, présentée au Congrès Acute CardioVascular Care 2022 de l’European Society of Cardiology. Ces résultats incitent non seulement à un suivi rigoureux des patients à antécédents et souhffrant d'essouflement, mais appellent les médecins à ne pas écarter systématiquement le diagnostic d’infarctus, face à un tableau clinique autre que des douleurs thoraciques.

 

La douleur thoracique est la présentation caractéristique de l'infarctus du myocarde, mais d'autres symptômes dont l'essoufflement, des douleurs dans la partie supérieure de l'abdomen ou au cou, une perte de conscience passagère sont également des motifs fréquents de visite aux Urgences.

 

« La dyspnée et la fatigue extrême sont des symptômes couramment associés à la crise cardiaque, plus fréquents chez les femmes, les personnes âgées et les patients souffrant de comorbidités telles que l'hypertension artérielle, le diabète, les maladies rénales et les maladies pulmonaires », commente l'auteur de l'étude, le Dr Paulo Medeiros de l'hôpital de Braga (Portugal).

 

L’étude a regardé quels étaient les patients qui avaient tendance à exprimer des plaintes atypiques et si ces symptômes entraînent les mêmes conséquences que le symptôme plus fréquent de douleurs thoraciques. L'étude a suivi 4.726 participants, âgés de 68 ans en moyenne, admis avec un NSTEMI entre octobre 2010 et septembre 2019 (infarctus du myocarde sans élévation du segment ST où l’artère que partiellement obstruée). Les participants ont été répartis en 3 groupes selon leur principal symptôme lors de la présentation aux Urgences, soit,

 

  1. un groupe réunissant 91 % des participants avec comme premier symptôme, des douleurs thoraciques ;
  2. un second groupe réunissant 7 % des patients ayant éprouvé une dyspnée et une profonde fatigue ;
  3. un 3è groupe rassemblant 2 % des patients ayant fait une syncope au moment de l’infarctus.

 

  • les patients souffrant de dyspnée et de fatigue étaient significativement plus âgés que ceux des 2 autres groupes, avec un âge moyen de 75 ans vs 68 ans dans le groupe « douleur thoracique » et 74 ans dans le groupe « syncope » ;
  • les patients souffrant de dyspnée et de fatigue étaient également plus fréquemment des femmes (42 %) ;
  • enfin ces patients s’avèrent plus susceptibles de souffrir d'hypertension artérielle, de diabète, de maladie rénale chronique et de maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC).

 

Quels symptômes, quels pronostics ? Les chercheurs ont comparé les taux de survie entre les trois groupes :

 

  • à 1 an, 76 % des patients du groupe dyspnée/fatigue sont vivants vs 92 à 94 % des participants des 2 autres groupes ;
  • au cours de l'année ayant suivi l’infarctus, 24 % des patients du groupe dyspnée/fatigue ont été hospitalisés pour un motif cardiovasculaire vs 15 % du groupe « douleur thoracique » et 17 % du groupe « syncope » ;
  • La dyspnée et la fatigue extrême doivent donc inciter à la vigilance

«Les patients présentant un essoufflement ou de la fatigue ont un pronostic dégradé

et ont moins de chance de survivre au-delà d’1 an après la crise cardiaque ».

 

Une analyse multivariée prenant en compte la plupart des critères de confusion possibles (âge, BPCO, fibrillation auriculaire, fraction d'éjection ventriculaire gauche, saignements majeurs, tachycardie ventriculaire...) n’identifie cependant aucun des symptômes des 3 groupes comme indépendamment prédictif de la survie à un an.

 

La dyspnée, signe prédictif mais pas cause directe de décès ? En effet, si la dyspnée semble plus fréquente chez les patients qui décèdent durant l’année qui suit l’infarctus, une fois toutes les variables étudiées prise en compte, le type de symptôme présenté lors de l’infarctus n'est indépendamment prédictif du risquez de décès, c’est-à-dire ne peut être considéré comme la ou l’une des raisons directes du décès.

 

Cependant, l’essoufflement doit inciter à plus de vigilance. Par ailleurs, ces données suggèrent aux cliniciens d'envisager un diagnostic d'infarctus du myocarde même lorsque la plainte principale n'est pas une douleur thoracique.

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