Découvrez nos réseaux sociaux
Actualités

CYSTITE AIGUË : Parfois le signe d’un cancer urogénital

Actualité publiée il y a 4 jours 5 heures 47 min
BMJ Public Health
Une crise de cystite aiguë peut parfois signaler la présence d’un cancer urogénital (Visuel Adobe Stock 55531813)

Une crise de cystite aiguë peut parfois signaler la présence d’un cancer urogénital, en particulier chez les adultes d'âge moyen, suggère cette étude menée à la Lund University. L’étude, publiée dans le British Medical Journal (BMJ) Public Health, révèle que le niveau de risque est particulièrement élevé dans les 3 mois qui suivent l'infection, cependant ce risque peut persister pendant plusieurs années.

 

La cystite est une infection urinaire courante au niveau de la vessie, on estime que sur une année jusqu’à 25 % des femmes pourraient être concernées. Plus largement, la prévalence des infections urinaires au cours de la vie est de 50 à 60 % chez les femmes et de 13 à 14 % chez les hommes. À l'exception d'un pic chez les jeunes femmes, les taux d'incidence de ces infections augmentent avec l'âge, tant chez les hommes que chez les femmes.

 

Cette recherche révèle que la forme aiguë peut être le marqueur précoce d’un cancer urogénital, soit d’un cancer de la prostate, du rein, de la vessie ou des testicules. De précédentes recherches avaient montré qu'une crise de cystite peut signaler un risque accru de ces cancers, cependant ces recherches n’incluaient pas de patients issus des soins primaires.

 

L’étude actuelle est basée sur des données plus larges, issues de plusieurs registres nationaux de santé, de services de soins primaires, recueillies de 1997 à fin 2018. Au total, c’est l’analyse des données de 1.668.371 hommes (47 %) et de 1.889.211 femmes (53 %), dont 605.557 (17 %) ont reçu un diagnostic de cystite aiguë pour la première fois. La plupart de ces diagnostics ont été posés en services de soins primaires et la plupart des cas concernaient des femmes (71 %). Par ailleurs, sur un suivi moyen de 15 ans, 257.026 participants (soit un peu plus de 7 %) ont reçu un diagnostic de cancer urogénital, dont une majorité d'hommes (77 %). L’analyse révèle que :

 

  • l'âge moyen au moment du diagnostic de cancer est de 73 ans ;
  • le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquemment diagnostiqué (62 %), suivi du cancer de la vessie (16,5 %) et du cancer de l'endomètre (muqueuse utérine) (10 %) ;
  • la cystite précède le diagnostic de cancer chez près de 9,5 % de l'ensemble des participants diagnostiqués ;
  • l’âge moyen au moment du diagnostic chez ces participants ayant eu une cystite est de 76 ans ;
  • là encore, le cancer de la prostate est le diagnostic le plus fréquent (40 %), suivi du cancer de la vessie (32 %) et du cancer de l'endomètre (14 %) ;
  • le risque de diagnostic de cancer urogénital est accru dans toutes les tranches d'âge chez les personnes ayant déjà eu une cystite ;
  • ce risque atteint un pic dans les 3 mois suivant l'infection, en particulier pour les cancers de la prostate et de la vessie ;

  • enfin ce risque accru persiste pendant plusieurs années pour la plupart des cancers, chez ce groupe de personnes ;
  • ainsi, pour le cancer de la prostate, le risque dans les 3 mois suivant l'infection s’avère 7 fois plus élevé chez les personnes avec cystite.
  • cela correspond à un excès de cas de cancer de près de 551 pour 10.000 personnes-années ;
  • de la même manière, les risques de cancer de la vessie et de cancers gynécologiques aussi, sont démultipliés dans les 3 mois suivant une cystite aiguë ;
  • enfin, ce risque persiste durablement, au-delà de 10 ans, toujours pour les personnes ayant connu une cystite aiguë, pour les deux sexes ;
  • les hommes ayant eu une cystite semblent globalement présenter un risque plus élevé de cancer urogénital que les femmes.

 

S’il s'agit d'une étude d’observation, qui ne démontre pas une relation de cause (cystite) à effet (cancer), ses résultats obtenus sur un très large échantillon, s'ajoutent aux conclusions similaires de précédentes recherches.  

 

« En pratique clinique », concluent les auteurs, « cela indique que la cystite aiguë peut être un marqueur clinique du cancer urogénital et en particulier du cancer urogénital occulte, car les risques de cancer sont à leur maximum dans les 3 mois qui suivent le diagnostic de cystite ».

Plus sur le Blog Cancer

Autres actualités sur le même thème