DÉMENCE : Pourquoi les antipsychotiques sont contreproductifs
Les médicaments antipsychotiques fréquemment prescrits aux patients atteints de démence et suivis à domicile sont inappropriés, alerte cette équipe de gériatres de l'Université de Rochester. La recherche, publiée dans le Journal of the American Geriatrics Society, relève ainsi une sur-prescription de ces médicaments chez les personnes âgées et démentes suivies à domicile, et, associée à cette surutilisation, une dégradation des résultats de santé.
Les médicaments antipsychotiques ou neuroleptiques ne sont pas approuvés pour le traitement de la démence mais sont pourtant fréquemment utilisés hors AMM pour gérer les patients déments à domicile. Indiqués dans le traitement des symptômes des troubles psychotiques, les antipsychotiques permettent de diminuer les hallucinations et les idées délirantes, d'améliorer la concentration et la motivation, de soulager les angoisses et d'atténuer l'agressivité. Cependant, même utilisés dans leurs indications, ces médicaments comportent des risques considérables d'effets indésirables graves dont les risques d’accident vasculaire cérébral et de mort cardiaque subite, en particulier chez les patients âgés.
Les médicaments antipsychotiques accélèrent la perte d'autonomie
L’étude qui a analysé les données de 6.684 participants âgés de 65 ans et plus qui recevaient des soins de santé à domicile en 2019, révèle que :
- les patients atteints démence sont près de 2 fois plus susceptibles d'utiliser des antipsychotiques que les patients exempts de démence (17,2 % vs 6,6 %) ;
- chez ces patients, l’antipsychotique le plus couramment utilisé était la quétiapine, un médicament approuvé pour aider à gérer des affections telles que la schizophrénie, le trouble bipolaire et le trouble dépressif majeur ;
- les facteurs prédictifs de l'utilisation d'antipsychotiques comprennent les limitations dans le fonctionnement au quotidien, la prise de plusieurs médicaments, la présence de symptômes comportementaux et psychologiques et le fait de vivre seul ;
- chez ces patients atteints de démence, l'utilisation d'antipsychotiques est associée à une réduction des activités quotidiennes et à une perte d’autonomie.
L’auteur principal, Jinjiao Wang, de l'Université de Rochester, conclut que l’utilisation de ces médicaments chez ces personnes âgées et démentes pose un sérieux problème de sécurité et appelle les médecins à envisager chaque fois que cela semble possible l’option de déprescription avec une réduction progressive des doses.
Autres actualités sur le même thème
ALTRUISME: La bienveillance augmente après 45 ans !
Actualité publiée il y a 9 années 8 moisEn combinant des données de psychologie, d’analyse comportementale et de neurosciences, cette équipe de l'Oregon aboutit à une convergence de différents signes...PERTE de POIDS : Efficacité du tirzépatide pour les diabétiques de type 1 aussi
Actualité publiée il y a 2 années 1 moisDÉPRESSION : Le magnésium peut-il la conjurer ?
Actualité publiée il y a 8 années 10 moisCERVEAU SOCIAL : Pourquoi cette obsession, même au repos ?
Actualité publiée il y a 7 années 11 mois


